Bertrand Hommell : «La solution la plus efficace reste la confiance»

Bertrand Hommell : «La solution la plus efficace reste la confiance»

ALM : Vous avez présenté récemment un guide pour sécuriser l’usage d’Internet pour les enfants. Comment procédez-vous pour faire connaître les conseils prodigués dans ce guide auprès du grand public ?
Bertrand Hommell : Microsoft, en tant que leader de l’industrie informatique, est engagée pour la cyber-protection de l’enfant. L’une des actions que nous avons menées dans ce sens est la publication du guide « Parents ! Parentalité à l’ère du numérique » qui a été présenté récemment, lors de la journée sur la cyber-protection de l’enfant co-organisée par Microsoft, l’ONDE et l’UNESCO. Ce guide aborde les grands principes de l’éducation et de la civilité dans l’environnement numérique à travers sept thèmes principaux. Il propose une série de conseils et d’informations pratiques pour guider les actions des parents au quotidien afin que leurs enfants soient préservés des risques inhérents à l’utilisation d’Internet. Nous utilisons plusieurs moyens pour diffuser les conseils prodigués au sein de ce guide. Disponible en arabe et en français, ce guide est d’ores et déjà intégré dans les contenus de formation informatique au niveau du ministère de l’Education nationale. Le guide «Parent! Parentalité à l’ère du numérique» est par ailleurs téléchargeable sur le site web de l’UNESCO www.unesco.org <http://www.unesco.org>  et diffusé électroniquement par des associations engagées dans la protection des droits de l’enfant et notamment celles membres du réseau virtuel de l’ONDE.

Même en filtrant le contenu, il existe toujours des astuces que certains enfants utilisent pour pouvoir consulter des sites interdits par rapport à leur âge. Que faut-il faire ?
Le recours aux logiciels de filtrage est l’une des techniques les plus utilisées de nos jours par les parents afin de protéger leurs enfants et les empêcher d’accéder à des sites qui peuvent leur porter préjudice. Plus précisément le filtrage consiste à bloquer l’accès aux sites qui pourraient se révéler dangereux pour l’enfant, comme ceux incitant à la consommation de drogues, aux sites ayant pour vocation la propagande raciste… Techniquement, le logiciel de filtrage se base sur une liste de sites et tente de reconnaître de manière «intelligente» les images, textes et adresses susceptibles d’être bloqués. Il faut savoir que les logiciels de filtrage sont assez «sensibles» et qu’ils bloquent parfois plus de choses que nécessaire et ce, par mesure de précaution. Les logiciels de filtrage exigent le plus souvent des mots de passe pour la désactivation et le verrouillage. Malheureusement, il est d’usage de constater que les parents et éducateurs saisissent des mots de passe faciles à deviner que leurs enfants finissent par trouver.

Quelle est la solution la plus efficace ?
Il existe des mécanismes de contrôle permettant aux parents d’avoir accès à l’historique des sites visités, a posteriori. Un suivi permanent est  donc indispensable. Il est vrai que les jeunes d’aujourd’hui finissent toujours par trouver le moyen de dépasser les parents par leurs connaissances techniques. La solution la plus efficace pour contourner ce phénomène reste donc, à mon avis, celle de la confiance et la communication ouverte avec les enfants pour leur apprendre à utiliser Internet sans danger.
 
Il est plus facile de contrôler ses enfants quand ils sont à la maison. Pour ceux qui se connectent dans les cybercafés, que conseillez-vous aux parents ?
Vous touchez par cette question une problématique assez sensible qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Aujourd’hui, les cybercafés sont accessibles à tout le monde et aux enfants de tout âge. Malheureusement, la plupart de ces établissements se soucient très peu (ou pas du tout) de la sécurité des enfants internautes. Il est donc très difficile de contrôler les sites que nos enfants visitent à partir d’un cybercafé. Il n’existe pas de solution miracle pour faire face à ce problème. La confiance, le dialogue et la communication parents-enfants restent donc, à mon sens, les meilleurs remèdes. Mon conseil aux parents est donc de rester à l’écoute de leurs enfants. Ils doivent savoir où vont ces derniers et peut être même visiter les endroits qu’ils fréquentent. Ceci, afin de s’assurer, du moins, de la présence des responsables des cybercafés. Les parents devraient également communiquer avec d’autres parents de ce sujet car la cyber-protection des enfants est un sujet qui nous concerne tous.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *