Biométrie : Le Maroc passe à la reconnaissance oculaire

Biométrie :  Le Maroc passe à la reconnaissance oculaire

Le registre national de la population inclura les images de l’iris en plus des empreintes digitales

Les empreintes digitales ne seront plus les seules utilisées par les autorités pour l’identification des citoyens marocains ainsi que les résidents étrangers.

Le Maroc est probablement sur le point de basculer vers une technologie nouvelle en matière de biométrie. Les autorités vont ainsi utiliser les images de l’iris des citoyens comme moyen d’identification. Cette technologie testée dans certaines régions du globe s’appelle la reconnaissance rétinienne. C’est ce qui ressort en tout cas du projet de loi n° 72-18 relatif au dispositif de ciblage des bénéficiaires des programmes d’appui social et portant création de l’Agence nationale des registres.

Dans le détail, l’article 6 de ladite loi stipule que le registre national de la population (ndlr: la création de ce registre est prévue par le même texte de loi) comprend pour chaque personne les données relatives aux nom et prénom, la date et le lieu de naissance de l’intéressé, son sexe et son adresse, la nationalité, l’identifiant digital civil et social, la photo biométrique faciale conforme aux normes techniques requises, les points caractéristiques des empreintes digitales pour les titulaires de la CIN, l’image de l’iris pour les personnes ayant 5 ans au moins et le numéro de téléphone portable et l’adresse électronique en cas de disponibilité. Le même article prévoit que la liste de ces données pourrait être complétée à l’avenir par d’autres éléments par le biais d’un texte réglementaire.

Ainsi, les empreintes digitales ne seront plus les seules utilisées par les autorités pour l’identification des citoyens marocains ainsi que les résidents étrangers. Concrètement, les autorités ailleurs sont dotées de matériel permettant la numérisation de l’image de l’œil. Un logiciel vient par la suite déterminer le centre de la pupille et le contour de l’iris. Puis sur ces deux données le même logiciel va former un fichier à partir de l’analyse de la texture de l’iris avant de donner à la personne concernée un code iridien.

Le plus par rapport aux empreintes digitales c’est que la fraude devient beaucoup plus compliquée. C’est la raison pour laquelle les premières utilisations de la reconnaissance rétinienne ainsi que celles de l’iris ont été faites dans des sites sensibles comme les bâtiments militaires à accès réduit, les laboratoires de recherche de haute technologie, les salles de coffres-forts ainsi que les sites stratégiques. Mais depuis, cette technologie a tendance à se démocratiser puisque certains pays commencent à intégrer l’utilisation de cette méthode dans le domaine biométrique.

C’est le cas notamment dans certains camps de réfugiés au Moyen-Orient. De même, certains  smartphones et tablettes sont équipés d’un système de reconnaissance d’iris. A noter enfin que le Conseil de gouvernement, réuni jeudi, devait examiner et adopter le projet de loi n° 72-18 relatif au dispositif de ciblage des bénéficiaires des programmes d’appui social et portant création de l’Agence nationale des registres. Cette loi doit permettre au pays de mieux encadrer et gérer ces programmes sociaux et système d’aide aux plus démunis. Une expérience pilote doit démarrer dans les prochains mois dans la région de Rabat avant une généralisation progressive à tout le territoire national ( encadrés).

Technologie indienne

Le Maroc semble faire le choix de l’expérience indienne pour mieux gérer ses systèmes de protection sociale. Dans ce sens, les responsables marocains ont multiplié les contacts avec la partie indienne afin de mieux cerner les techniques et les technologies du ciblage pour mettre en place le registre social unifié. Ainsi et durant l’été 2018, le ministère de l’intérieur et l’Institut international de technologie de l’information de Bangalore en Inde avaient signé un mémorandum d’entente pour la conception et le développement d’une plate-forme logicielle open source modulaire dénommée «MOSIP». Cette dernière va constituer le noyau du système de gestion du Registre national de la population (RNP).

Cette initiative fait du Maroc le premier pays à participer au développement de ce noyau Mosip et à l’utiliser. Pour rappel, la cérémonie de signature avait été présidée par le ministre délégué auprès du ministre de l’intérieur, Noureddine Boutayeb.

Le document a été signé par le wali, secrétaire général du ministère de l’intérieur, Mohamed Faouzi, et le Commodore Sridhar Srinivasa qui représentait l’Institut international de technologie de l’information à Bangalore-Inde.

Dispositif

C’est en novembre 2018 que les premiers détails sur le Registre social unifié (RSU) ont été dévoilés. En effet, le Conseil de gouvernement avait suivi un exposé du ministre délégué auprès du ministre de l’intérieur sur le RSU. Un exposé qui servait notamment à faire le point sur l’état d’avancement du projet car l’Exécutif à travers le ministère de l’intérieur va lancer une expérience pilote dans les prochains mois dans la région de Rabat. Suivra par la suite une généralisation progressive à l’ensemble du territoire national dès 2020 pour une mise en œuvre complète à l’horizon 2024.

Dans les détails, une étude de cadrage avait été lancée avant le lancement du RSU mais également et surtout le RNP (Registre national de la population). Chaque composante de ce système accomplira une tâche bien définie. Ainsi, le Registre national de la population devra faciliter l’identification  de chaque individu dans les ménages marocains (données démographiques et biométriques). Un identifiant digital civil et social sera octroyé à chaque citoyen. Le RSU englobera également les données socio-économiques dans le but de limiter les tentatives de fraude. Enfin, il sera procédé à la création de l’Agence nationale des registres (ANR). Cette dernière devra piloter le programme à travers la gestion des données des deux registres précédents.

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