L’intelligence artificielle : Des garde-fous nécessaires

L’intelligence artificielle : Des garde-fous nécessaires

Les Assises de la transformation digitale en Afrique (ATDA) qui se sont tenues le mois dernier à Paris ont permis de rappeler les vertus de l’intelligence artificielle mais aussi ses dangers. Le consensus aura convergé vers la nécessité de créer de la richesse autour de cette intelligence artificielle la portant au-delà de l’aspect purement technologique. Retour sur un débat fort convoité compte tenu des opportunités et des enjeux.   

«L’intelligence artificielle peut être une opportunité pour la réalisation des objectifs du développement durable dans notre continent mais cela suppose une prise de conscience dans la préparation en parallèle des aspects réglementaires et éthiques qui pourront facilement, dans le cas contraire, constituer un frein à l’émergence de cette nouvelle niche économique. S’ajoute à cela le développement des capacités des ressources humaines qui est une condition sine qua non, vu la rareté des profils et des talents capables de porter les projets de l’intelligence artificielle». Ce sont les propos de Mohamed Ben Abdelkader, ministre délégué chargé de la réforme de l’administration et de la fonction publique au Maroc. Telle que définie par les experts de la question, «l’intelligence artificielle (IA) est l’ensemble des théories et des techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence. Elle correspond donc à un ensemble de concepts et de technologies plus qu’à une discipline autonome constituée. D’autres, remarquant la définition peu précise de l’IA, notamment la CNIL, la définissent comme le grand mythe de notre temps.

Souvent classée dans le groupe des sciences cognitives, elle fait appel à la neurobiologie computationnelle, à la logique mathématique et à l’informatique. Elle recherche des méthodes de résolution de problèmes à forte complexité logique ou algorithmique. Par extension elle désigne, dans le langage courant, les dispositifs imitant ou remplaçant l’homme dans certaines mises en œuvre de ses fonctions cognitives. Ses finalités et son développement suscitent, depuis toujours, de nombreuses interprétations, fantasmes ou inquiétudes s’exprimant tant dans les récits ou films de science-fiction que dans les essais philosophiques».

Tout est dit. Et partant de cette définition, il est clair que les opportunités dans un marché quasi vierge que celui de l’Afrique attirent de nombreux professionnels. Il s’agira donc aux entreprises et établissements africains de bien quadriller leurs champs pour veiller à la protection des données et à confier la digitalisation à des experts chevronnés avec des références reconnues. Ce sont là les enjeux car les avantages sont réels surtout au niveau des administrations publiques qui opèrent leurs mues à des cadences différentes selon la difficulté à digitaliser les données.

Pour le Maroc, son porte-parole a rappelé lors de cet événement qu’«au-delà des progrès que cela implique en termes de démocratie, de transparence, les visées de ce mouvement sont de proposer aux citoyens des informations pratiques, de moderniser l’administration et les services publics, d’améliorer la participation à la vie publique, d’impulser le développement économique par une meilleure mise à disposition et circulation de l’information, de développer les technologies de l’information et d’instaurer une économie numérique».

En clair, les projets liés à l’intelligence artificielle dans le secteur public doivent être porteurs de valeur ajoutée (qualité de services, transformation de l’organisation et l’emploi). Même son de cloche pour Arouna Modibo Touré, ministre de l’économie numérique et de la communication de la République du Mali, qui a déclaré que «l’intelligence artificielle est au cœur de l’économique mais qu’il fallait savoir en profiter pour que les populations ne soient pas en marge de cette avancée technologique. L’intelligence artificielle et le numérique contribuent fortement à la transformation de nos industries et de nos économies».

Léon-Juste Ibombo, porte-parole du Congo (stratégie du développement de l’économie numérique), renchérira à l’occasion que «l’intelligence artificielle est un puissant accélérateur dans l’atteinte des objectifs de la gouvernance avec une stratégie basée sur trois piliers. C’est l’e-citoyen, l’e-gov et le e-business».

Bref, les opportunités sont réelles et les entités françaises qui se sont spécialisées depuis des années dans ce tournant digital rassurent sur ces aspects stratégiques.

C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Lempert, directeur des affaires publiques du Groupe SAP, avait rappelé que «l’IA est une technologie puissante, et comme tout technologie puissante elle doit être utilisée au bénéfice du plus grand nombre. Elle doit être accompagnée d’une croissance de la production de richesses par habitant. La question pour les décideurs sera de savoir comment distribuer ces nouvelles richesses. C’est une question politique, sociale et non pas uniquement technologique. C’est même fondamentalement une question humaine et non artificielle». Les propos de l’expert sont puissants.

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