mai 24, 2018

 

2008, l’année de toutes les Russies

La Russie a pris le monde de court en 2008 en imposant sa loi à la Géorgie et en se vengeant des humiliations post-soviétiques, mais elle termine l’année dégrisée, dans le tourbillon de la crise financière mondiale. Le 8 août au matin, chars, blindés légers et transports de troupes russes entraient massivement en Ossétie du Sud, quelques heures après le début d’une offensive géorgienne pour tenter de récupérer ce territoire séparatiste pro-russe.
En cinq jours, l’armée russe inversait le rapport de forces sur le terrain, envahissant une bonne partie du territoire géorgien et paradant jusqu’aux portes de Tbilissi, la capitale.
Des images inédites depuis l’intervention soviétique à Prague ou en Afghanistan refaisaient surface dans les médias du monde entier, celles de soldats russes triomphants, dressés dans la tourelle de leur char ou brandissant des drapeaux à la portière de leur camion et criant «Tbilissi! Tbilissi!». «Pour la première fois depuis la chute de l’URSS en 1991, la Russie a eu recours à ses forces armées en dehors de ses frontières. L’Occident n’a pu ni prévoir ni empêcher cette guerre», relève Maria Lipman, analyste au centre américain Carnegie à Moscou. Moscou, qui depuis des mois haussait le ton contre l’expansion de l’Otan à ses frontières, le projet de bouclier antimissile américain en Europe ou l’indépendance du Kosovo, a fini par joindre le geste à la parole et montrer qu’il ne reculerait devant rien pour défendre ses intérêts.
«Pour la première fois, la Russie a agi sans tenir compte des réactions extérieures, un facteur qui l’influençait auparavant dans ses décisions», constate Fedor Loukianov, rédacteur en chef de la revue La Russie dans la politique mondiale. De la même manière, le président Vladimir Poutine a magistralement orchestré sa «succession» en faisant élire Dmitri Medvedev au Kremlin et en endossant les habits de Premier ministre, sans se préoccuper du qu’en dira-t-on occidental.
 
Valérie Leroux (AFP)

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