À Londres, un Etat palestinien

À Londres, un Etat palestinien

La conférence de Londres s’est terminée le 1er mars 2005, sur un appel, à Israël et aux Palestiniens de remplir leurs engagements dans le cadre de la « feuille de route », en vue de la réalisation, comme l’a dit George Bush, d’une vision de deux Etats vivant en paix, l’un aux côtés de l’autre.
Ariel Sharon, dès le mois de décembre dernier, avait déclaré à Tony Blair qu’il ne participerait pas à la conférence dite, à l’époque, de soutien à l’économie palestinienne. De fait, Israël n’a pas participé aux côtés des 23 Etats, dont les Etats-Unis, représentés par Condolezza Rice, les pays de l’Union européenne, avec les ministres des Affaires étrangères et le haut représentant Solana, accompagnés de 6 organisations internationales ou de l’ONU ainsi que l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas. Dans sa déclaration finale, la conférence conduite par le Premier ministre britannique Tony Blair, a proclamé : « la tenue des engagements de l’Autorité Palestinienne, présidée par Mahmoud Abbas présent à Londres, sera un pas décisif pour l’application de la « feuille de route». Parallèlement, les participants ont appelé aussi, Israël à tenir ses engagements dans ce cadre». Dans la pratique, selon des observateurs, la première étape de la feuille de route » incombe, dans ses obligations, aux Palestiniens, notamment : le démantèlement des organisations terroristes, condition indispensable à tout progrès.
Cependant, Londres souhaite, parallèlement, le gel, par Israël, de toute construction de colonie, et le démantèlement des implantations illégales qui figurent dans la première étape de la « feuille de route ». Pour Tony Blair, le scénario de la solution de deux Etats est, aujourd’hui, plus clair que jamais. La Conférence a posé les bases de la création d’un Etat palestinien viable dans l’avenir. «Nous savons tous qu’une des bases de la capacité de survie est le territoire. C’est donc le sujet futur des négociations. En effet a expliqué, Tony Blair, la conférence n’est pas une alternative aux négociations pour un accord final entre Israéliens et Palestiniens, qui ne sont pas encore à l’ordre du jour ». L’objectif de la conférence était, tout d’abord, de renforcer l’Autorité palestinienne qui a pris des engagements en matière de sécurité et de réformes des institutions. De son côté, la communauté internationale a pris l’engagement d’aider l’Autorité palestinienne à la réalisation de ces réformes par un soutien financier. Les Etats-Unis se sont engagés à débloquer 350 millions de dollars et l’Union Européenne, 300 millions. Dans le communiqué final, les Palestiniens se sont engagés à procéder aux réformes institutionnelles, à unifier les services de sécurité , à lutter contre la corruption et à se préparer au retrait israélien, par la création d’un appareil administratif pour la gestion des biens et des infrastructures que laissera Israël. Enfin, les Palestiniens ont donné leur accord de coopérer avec les Israéliens pour qu’ils ne subissent pas de dégâts inutiles. Pour mieux constater la position répétitive d’Ariel Sharon, il convient de citer un communiqué publié le 1er mars 2005, par le Bureau du Chef du gouvernement israélien : «Nous accueillons favorablement l’effort international pour aider les Palestiniens à construire leurs institutions et à instaurer une Autorité palestinienne agissant selon les règles légales. Israël ne peut que se féliciter de cet objectif que s’est donnée la Conférence Internationale». Toutefois, ajoute le communiqué, «nous estimons que tous les participants, – et pas seulement une partie-, auraient dû dans leurs discours et dans la déclaration finale, souligner que tant que les Palestiniens n’auront pas tenu tous leurs engagements pour la cessation des actes terroristes et le démantèlement des infrastructures, – comme libellé dans la «feuille de route», ils ne pourront pas réaliser leurs aspirations nationales». Pourtant, au delà de ce communiqué officiel classique, le bureau d’Ariel Sharon confirme : «Nous sommes satisfaits de la volonté internationale de construire une nouvelle Palestine. Mais nous sommes moins enthousiastes de certaines déclarations». Le communiqué des ministres des Affaires étrangères du «Quartet» publié en marge de la conférence de Londres rend hommage à la décision d’évacuation des colonies de Gaza et du Nord de Cisjordanie, mais il ne maintient pas le nouveau tracé de la barrière de séparation et ignore totalement l’exigence des Palestiniens de reprendre, sans délai, les négociations pour un accord final. Le communiqué du «Quartet» souligne, cependant, l’importance de la continuité territoriale pour marquer la viabilité du futur Etat palestinien, dans l’esprit des déclarations du Président George Bush. Les observateurs indépendants à Londres, rappellent que les Israéliens ont boycotté totalement la réunion et n’ont même pas envoyé un observateur : «la conférence de soutien économique est devenue, de fait, une conférence politique. C’est dans cette crainte, soulignent les observateurs, qu’Israël avant refusé, dès le départ, d’y prendre part».
Pour bien comprendre la conclusion de la conférence de Londres vers la réalisation de la «feuille de route», il est également important d’analyser les déclarations de Condolezza Rice, de Mahmoud Abbas et de Tony Blair.
Dans sa déclaration, Condolezza Rice a dit : «Nous essayons de poser les bases dans l’esprit de la feuille de route» à la solution de deux Etats. L’Autorité palestinienne doit réformer ses services de sécurité pour lutter efficacement contre le terrorisme et pour instaurer le règne de la loi. Israël doit éviter toute action susceptible de mettre en péril l’accord final de contribuer à la fondation d’un Etat palestinien qui ne pourra être viable sans continuité territoriale. Suite à l’attentat de Tel-Aviv revendiqué par le Jihad et qui interpelle sur la responsabilité de la Syrie sans continuité territoriale. Les Etats-Unis n’ont pas été déçus par les réactions des parties qui ont fait preuve de maturité».
De son côté Abou Mazen, après avoir réaffirmé sa volonté de lutter contre le terrorisme, a ajouté : «La démocratie a pénétré dans le peuble palestinien qui mérite son Etat».
Tony Blair a déclaré : «A Londres nous avons posé les bases de la création d’un Etat palestinien mais ce que nous avons obtenu c’est un accord sur les conditions de sa création. La solution du conflit israélo-palestinien renforcera la paix dans le monde. Beaucoup de poison dans les relations internationales y est lié et il n’y aura pas de tranquillité dans les rues de l’Occident tant qu’il n’aura pas trouvé sa solution ».

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