Abou Mazen, Premier ministre de Palestine

Mahmoud Abbas, après avoir été confirmé mardi par le Conseil législatif palestinien, lors d’une deuxième session parlementaire, «a formellement accepté» mercredi le poste que lui a proposé voilà plusieurs semaines le président Arafat. Sa nomination en tant que chef de gouvernement et plus encore les larges pouvoirs dont il dispose ont été salués par la communauté internationale. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, a notamment félicité cet «avocat respecté de la paix» avec lequel Londres souhaite avoir des «relations étroites de travail». L’arrivée du numéro deux de l’OLP à la tête de l’exécutif devrait relancer les négociations et surtout pousser les Etats-Unis à publier la fameuse «feuille de route», le plan élaboré par les quatre parrains du processus de paix (l’ONU, l’Union européenne, la Russie et les Etats-Unis) en décembre dernier.  
Le Quartette a d’ailleurs été interpellé sur la question. Dès l’annonce de la nomination du Premier ministre, le conseil du président Arafat l’ayant appelé ainsi que «l’administration américaine à l’appliquer au plus tôt». Cette réforme de taille dans le fonctionnement de l’Autorité palestinienne était la condition posée par le président Bush vendredi dernier à toute concrétisation du projet de création de l’Etat palestinien d’ici 2005. Après un premier report de plusieurs mois à la demande du Premier ministre israélien Ariel Sharon, alors en pleine campagne électorale. Les deux alliés avaient surtout fait de la mise à l’écart de Yasser Arafat -le «terroriste- un préalable à toute reprise de dialogue. En répondant à leurs exigences et en acceptant -difficilement certes- de partager le pouvoir, le président de l’Autorité a donc réussi à mettre au défi les promesses de l’administration Bush. Laquelle a annoncé mercredi qu’elle allait prendre contact avec les deux parties en vue de la mise en œuvre de ce document.
Mahmoud Abbas correspond en tout cas au profil souhaité par la communauté internationale pour occuper un poste aussi stratégique. Il est connu pour s’être dissocié de la militarisation progressive de la seconde Intifada déclenchée en septembre 2000. Il a même à plusieurs reprises appelé les mouvements à armés une trêve. Interlocuteur considéré comme sérieux, ce diplomate de 67 ans originaire de Safed, en Galilée, aura pour lourde mission de mener à bien les réformes entamées par l’Autorité.
Malgré les réticences du leader palestinien, il a obtenu pour cela de la part des députés, le feu vert pour former seul son gouvernement, dans les trois semaines à venir. Une satisfaction pour M. Abbas qui avait attendu de savoir quelles seraient ses réelles prérogatives avant d’accepter le poste.
Le Premier ministre sera chargé de l’administration quotidienne des territoires autonomes, d’éliminer la corruption et de couper court aux extrémismes.
Sur ce plan-là, le chef du gouvernement israélien Ariel Sharon a lui aussi prévenu mercredi les Palestiniens que l’offensive que les Etats-Unis ont lancée en Irak «n’empêcherait pas Israël de poursuivre sa guerre contre le terrorisme». Deux «guerres» qui sont en effet loin d’apaiser les tensions dans la région…

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