Accord Hamas-Fatah pour faire cesser les violences entre palestiniens

"La réunion a convenu d’arrêter la détérioration actuelle et de jeter les bases de relations positives entre les deux partis", s’est félicité dans la nuit de mardi à mercredi le Premier ministre, Ismaïl Haniyeh, à l’issue d’une réunion d’urgence entre les deux mouvements.

Le Fatah et le Hamas, dont les activistes se sont affrontés pendant deux jours dans des heurts armés qui ont fait trois morts et plus d’une vingtaine de blessés, se sont mis d’accord pour empêcher le recours aux armes, largement  répandues dans la bande de Gaza.

Les relations entre les deux mouvements n’ont cessé de se dégrader depuis la victoire aux élections législatives de janvier du Hamas, qui a pris les rênes du gouvernement en mars, les tensions culminant avec les batailles de rues lundi et mardi.

Les deux mouvements se sont rejeté la responsabilité de ces affrontements.

"Quiconque a recours aux armes est considéré comme hors-la-loi" et sera expulsé de son organisation, a affirmé un responsable du Fatah, Ahmed Hilles.

Il lisait un communiqué commun des deux mouvements, après plusieurs heures de discussions à huis clos.

"Nous donnerons des instructions claires à tous les militants pour mettre fin aux initiatives armées et empêcher l’utilisation des armes", a poursuivi M.

Haniyeh.

Le Premier ministre a voulu se montrer ferme, en assurant que la loi serait imposée pour ramener l’ordre. "Le gouvernement utilisera tous ses pouvoirs pour imposer la loi" et la "justice" sera appliquée, a-t-il ajouté.

Selon le communiqué commun lu par M. Hilles, les deux mouvements ont également appelé à faire cesser "les échanges d’accusations à l’intérieur des mosquées, dans les médias et sur internet".

"Le dialogue est la seule option pour régler les différends", ont-ils  insisté, appelant à "unir les rangs et refuser la division".

Un "comité de coopération" a ainsi été formé pour tenter de régler  d’éventuelles différends avant qu’ils n’éclatent en batailles rangées.

Reste à savoir si les activistes de base se plieront à cet accord, à un moment où la méfiance entre les deux camps est plus grande que jamais,  notamment après la formation de forces spéciales par le gouvernement du Hamas et le parti Fatah.

Mardi, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait lui aussi appelé au calme.

"Des actes d’escalade très regrettables ont été commis ce jour à Gaza après ceux de Khan Younès. J’ai donné des instructions aux services de sécurité pour contenir la situation et arrêter tous ceux qui se livrent à des tels actes", a déclaré M. Abbas, un chef du Fatah, à la presse à Ramallah, en Cisjordanie.

"Nous regrettons le fait que certaines parties tentent de semer la zizanie et nous appelons tout le monde à la retenue", a-t-il ajouté.

Les affrontements armés sont survenus après l’échec de discussions entre le gouvernement Hamas et M. Abbas sur les moyens de sortir de la crise politico-financière provoquée par la suspension des aides directes internationales à l’Autorité palestinienne.

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