Affaire Hariri : la Syrie pointée du doigt

Affaire Hariri : la Syrie pointée du doigt

Le rapport d’enquête de l’ONU, remis jeudi dernier au Conseil de sécurité, a pointé du doigt la responsabilité des services secrets syriens et libanais dans l’attentat ayant coûté la vie à l’ancien ministre libanais, Rafic Hariri.
D’après ce rapport, des responsables syriens et libanais de haut rang, voire même le président libanais, Emile Lahoud, sont impliqués dans cet assassinat. «L’enquête a établi que de nombreux indices désignent directement des responsables syriens de la sécurité comme étant impliqués dans l’assassinat», souligne le rapport.
Les enquêteurs dirigés pas Mehlis indiquent que les éléments qu’ils ont pu rassembler montrent que l’attentat avait été mené par un groupe disposant d’une organisation et de ressources "considérables". Dans ce cas, estime le rapport, une collaboration entre les services secrets syriens et libanais devient fort probable. «On peut vraisemblablement penser que la décision d’assassiner (Hariri) n’aurait pas pu être prise sans l’approbation de hauts responsables syriens de la sécurité et n’aurait pas pu être ensuite organisée sans la connivence de leurs homologues des services de sécurité libanais», affirme le rapport. Parmi les noms des personnes citées par le rapport figurent Ahmad Abdel-Al, membre du groupe islamiste Ahbach au Liban dont les liens avec les autorités syriennes sont anciens et étroits.
Ce fondamentaliste a été arrêté au lendemain de la publication du rapport, ont annoncé dans la soirée des responsables de la sécurité.
Ahmad Abdel-Al a eu de nombreux contacts avec la sécurité publique libanaise le jour de l’attentat, et notamment avec le brigadier général Fayçal Rachid, responsable de la sécurité publique à Beyrouth.
Le frère d’Abdel-Al, Mahmoud Abdel-Al, "a appelé quelques minutes avant l’explosion, à 12h47 mn, le téléphone mobile du président libanais Emile Lahoud", indiquent les enquêteurs. Plus encore, et selon la version électronique du rapport, des proches du président syrien, Bachar al-Assad, seraient eux aussi mis en cause par un témoin entendu par la commission d’enquête.
«Environ deux semaines après la publication de la résolution 1559 du Conseil de sécurité exigeant le retrait de la Syrie du Liban, Maher al-Assad (frère du chef de l’État syrien), Assef Chawkat (son beau-frère) ainsi que plusieurs hauts responsables syriens et libanais ont pris la décision d’assassiner Rafic Hariri», indique le rapport dans sa version électronique.
M.Mehlis, qui a déploré, au nom de la présomption d’innocence, la divulgation d’identités, demande dans le rapport officiel d’interroger des témoins syriens à l’étranger et sans la présence d’accompagnateurs officiels. «Si l’enquête doit être achevée, il est essentiel que le gouvernement syrien coopère pleinement», a-t-il affirmé. La Syrie a, quant à elle, rejeté les conclusions de la Commission d’enquête, tout en se disant prête à coopérer avec la communauté internationale sur ce dossier. « Le rapport est sous l’influence du climat politique, qui prévalait au Liban après l’assassinat de Rafic Hariri. Il est basé sur des idées préconçues qui ont abouti à des conclusions qui calomnient la Syrie sans aucune preuve », a affirmé le ministre adjoint des Affaires étrangères Ahmad Arnous.
Les Etats-Unis qui cherchaient depuis longtemps à coincer la Syrie ont saisi au vol l’occasion que leur donne le rapport de la mission d’enquête de l’ONU. Le président américain, George W. Bush, qui a jugé le rapport «profondément dérangeant», a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU «sur cette affaire très sérieuse».

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