Affaire «Plame» : Dick Cheney sur la sellette

Affaire «Plame» : Dick Cheney sur la sellette

Après Karl Rove et Lewis Libby, le nom du vice-président des États-Unis, Dick Cheney, est apparu dans l’affaire Valerie Plame renforçant ainsi les inquiétudes de la Maison-Blanche, qui attend d’un jour à l’autre d’éventuelles inculpations.
C’est demain, vendredi 28 octobre, que le procureur spécial Patrick Fitzgerald devra rendre les conclusions de son enquête. L’affaire, qui monopolise les chroniqueurs politiques, semble ainsi toucher à sa fin.
Les personnalités les plus menacées sont le stratège et principal conseiller de George W.Bush, Karl Rove, et le bras droit du vice-président Cheney, Lewis Libby. Deux journalistes ont en effet témoigné qu’ils avaient discuté avec eux du couple Wilson. Mardi, le «New York Times» a semé le trouble au sien du cabinet Bush. Dans un article paru dans l’édition du 25 octobre, le journal a révélé que c’est Dick Cheney lui-même qui a appris à son chef de cabinet que la femme de M.Wilson, une spécialiste des armes de destruction massive, travaillait à la CIA.  Le quotidien s’est basé sur des notes de M.Libby, transmises par des avocats. D’après ces notes, M.Cheney a mentionné le nom de l’agente Plame, le 12 juin 2003, soit un mois avant la révélation de son identité par un éditorialiste. Cette nouvelle contredit le témoignage de M.Libby, qui a toujours affirmé avoir appris l’identité de l’agente par des journalistes. M.Cheney lui-même avait assuré, lors d’un entretien télévisé en septembre 2003, qu’il ne connaissait pas le mari de l’agente, le diplomate Joseph Wilson. L’affaire remonte à juillet 2003.
À l’époque, M.Wilson publie une tribune accusant l’Administration d’avoir ignoré son enquête révélant l’absence d’un trafic nucléaire entre l’Irak et le Niger, pourtant évoqué dans un discours présidentiel prononcé avant la guerre. Il s’interrogeait sur les "faux prétextes" qui auraient été invoqués pour envahir l’Irak. Huit jours plus tard, un éditorialiste conservateur minimisait l’accusation de M.Wilson, laissant entendre que ce dernier n’avait enquêté sur ce trafic que grâce à l’intervention de sa femme. Or, selon le Times, M.Libby avait appris l’identité de Valerie Plame avant même la publication de ces articles, lors d’une conversation avec M.Cheney remontant à juin 2003. Cette révélation, étayée par des avocats anonymes cités par le quotidien, contredirait le témoignage de M.Libby. Selon le journal, cet homme de l’ombre avait assuré avoir entendu parler de Valerie Plame pour la première fois lors de conversations avec des journalistes. M.Cheney lui-même avait assuré, lors d’un entretien télévisé en septembre 2003, qu’il ne savait pas qui était M. Wilson. Sans accuser ni M.Cheney ni M.Libby d’avoir violé la loi, l’article du New York Times laisse deviner que des inculpations pour parjure ou obstruction de justice pourraient être prononcées.
À la Maison-Blanche, le porte-parole Scott McClellan s’est contenté de faire l’éloge de M.Cheney. «Le vice-président fait un travail formidable dans cette administration», a-t-il dit.
Quand un journaliste lui a demandé si l’article du Times mettait en doute la véracité des affirmations de M.Cheney, M.McClellan l’a accusé de "spéculer". «Nous n’allons pas faire de jugement prématuré ni spéculer», a-t-il ajouté. L’affaire Plame embarrasse l’Administration Bush depuis l’été dernier.
Conjuguée aux ratés dans la gestion de l’ouragan Katrina et à l’enlisement des troupes américaines en Irak, elle a contribué à une chute vertigineuse du président Bush dans les sondages.
Au cours de l’été, le président Bush a promis que quiconque ayant commis un crime ne travaillera plus dans son administration.

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