Afghanistan : un scrutin historique

Afghanistan : un scrutin historique

Un scrutin historique s’est tenu dimanche dernier en Afghanistan.
Pour la première fois depuis 1969, les Afghans ont été appelés à élire leurs représentants au Parlement. Des élections qui se sont déroulées sans accrocs majeurs et où le taux de participation a été de 50%.
La commission électorale afghane a annoncé lundi que la participation au scrutin de dimanche a été "un peu supérieure à 50%", un chiffre qui serait largement inférieur aux 76% enregistrés lors de l’élection présidentielle d’octobre 2004, qui avait vu la victoire de Hamid Karzai. Selon certains observateurs, ce faible taux de participation n’est autre que le fruit de la complexité du scrutin, voire de la déception des Afghans face à la lenteur de la démocratisation. L’Afghanistan d’aujourd’hui est un pays stigmatisé par un dur passé : occupation soviétique, guerre civile, coups d’Etat. Un pays dévasté par 25 ans de guerre. Les Afghans, ayant trop souffert de l’instabilité, espèrent que le pays puisse enfin se doter d’une démocratie et jouir d’une paix durable. Un rêve tant convoité que les rebelles antigouvernementaux, notamment les Talibans chassés du pouvoir à la fin 2001, rendent de plus en plus difficile à réaliser.
À l’approche du scrutin, ces derniers ont multiplié les attaques afin de saboter l’opération des élections. Cependant, comme l’élection présidentielle d’octobre 2004, ces élections parlementaires ont été relativement pacifiques malgré la volonté affichée par les insurgés de faire «dérailler» le scrutin. En effet, le jour du vote a eu sa part de violences. Des attaques isolées ont fait 9 morts, dont 1 soldat des forces spéciales françaises. Seulement 19 centres de vote, sur 6.800, ont été attaqués par des tirs d’armes légères, qui ont blessé trois civils. Par ailleurs, 16 centres n’ont pas pu ouvrir pour des raisons de sécurité dans six provinces (Logar, Helmand, Day Kundi, Oruzgan et Kandahar dans le sud, Baghlan dans le nord), selon le directeur de la commission électorale afghane (JEMB), Peter Erben. Les observateurs du scrutin ont noté qu’il y a eu des irrégularités, notamment des intimidations, des votes multiples ou une partialité de certains employés électoraux, mais d’une ampleur limitée. Le dépouillement des votes doit commencer ce mardi. Les premiers résultats devraient être connus le 10 octobre. Et les résultats définitifs étant prévus le 22 octobre, après l’examen d’éventuelles plaintes. La communauté internationale, qui assiste financièrement et militairement le pays, depuis la chute des Talibans, s’est félicitée lundi du bon déroulement général des élections. Fidèle soutien du président afghan Hamid Karzai, le président américain George W. Bush s’est ainsi réjoui d’"un pas important" sur la voie d’un "Etat démocratique". En Afghanistan, le système électoral choisi exclut les partis politiques et propose plusieurs centaines de candidats. Ce système a posé beaucoup de difficultés aux électeurs. Selon l’AFP, un certain nombre d’élections ont avoué avoir voté au hasard, donnant des allures de loterie au scrutin.

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