Afrique : Le Sud-Soudan prie pour son avenir

 

Au lendemain de la fête de l’indépendance, les fidèles se pressent dans les églises pour célébrer le Sud-Soudan et prier pour son avenir, alors que le travail de construction du tout nouvel Etat ne fait que commencer. «Hier a été un jour unique dans ma vie… Je n’étais pas vraiment sûr qu’il puisse arriver sans que le Nord et le Sud ne soient à nouveau plongé dans la guerre», raconte Gabriel Kiir, un étudiant de 23 ans, devant l’église catholique Saint-Joseph à Juba. «Aujourd’hui, tout le monde prie pour l’unité des Sudistes, pour la fin du tribalisme et de la corruption du gouvernement», ajoute-t-il, debout sous l’ombre d’un arbre à l’extérieur de l’église bondée, au milieu de centaines d’autres fidèles. Sur la place de la Liberté, le vaste terrain où des dizaines de milliers de personnes ont célébré samedi la déclaration d’indépendance du Sud-Soudan et assisté à la première levée de drapeau du nouvel Etat, des jeunes bénévoles ramassent les détritus. «C’est un énorme boulot, mais nous voulons que notre nouvelle capitale ait belle allure», explique à l’AFP John Goi Deng, l’un des animateurs. «C’est le début de la construction du pays. D’abord, vous devez nettoyer puis vous commencez à construire». Cette construction s’annonce difficile pour le Sud-Soudan, l’un des pays les plus pauvres du monde, qui va devoir faire face à d’importants défis après plusieurs décennies de conflits dévastateurs entre les rebelles sudistes et les gouvernements soudanais successifs, qui ont laissé le pays en ruines. Selon un récent rapport d’International Crisis Group, le classement du Sud-Soudan sur l’échelle de l’ONU pour l’Indice de développement humain -qui évalue la qualité de vie et le développement d’un pays- devrait être inférieur à celui du Soudan, déjà 154e sur 169 pays répertoriés. Outre des infrastructures primitives, le pays est toujours marqué par des violences qui ont fait plus de 1.800 morts cette année, selon les estimations des Nations Unies. Il devra aussi s’attaquer à la corruption de ses politiques et aux violations des droits de l’Homme commises par son armée, composée d’anciens rebelles qui peinent à former une force régulière.

 

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