Agresssion israélienne sans précédent

Au moins douze Palestiniens ont été tués et 70 blessés dans la nuit de samedi à dimanche lors d’attaques de l’armée israélienne le plus en profondeur mené dans la ville de Ghaza depuis le début de la seconde Intifada et depuis la naissance de l’Autorité palestinienne en 1994. Sur le terrain, l’armée israélienne poursuit sa politique d’incursions, de perquisitions d’assassinats et d’arrestations de Palestiniens. Le principal négociateur palestinien, Saëb Arekat, a accusé Ariel Sharon de vouloir achever son mandat «sur une démonstration de force». Un haut responsable du Hamas a réagi en assurant «nous ferons couler le sang juif à Jaffa et à Tel-Aviv».
Plusieurs dizaines de véhicules blindés, soutenus par des hélicoptères d’attaque, ont pénétré dans la ville en provenance de trois points. Dimanche matin, les forces de répression israéliennes ont également lancé une agression contre la ville de Beït Hanoun. Samedi, elles avaient fait sauter quatre ponts dans cette ville de la Bande de Ghaza. Cette escalade répressive israélienne se déroule alors que des législatives vont avoir lieu demain en Israël.
À quelques heures d’un scrutin sans grande importance pour le peuple palestinien qui, de toutes les façons, est ciblé par toutes les formations israéliennes, le Parti travailliste semblait en perdition totale face au Likoud. Des sondages concordants donnaient au parti d’Amram Mitzna le pire score de son histoire, avec 18 à 19 sièges sur 120. Il risque même d’être supplanté par le Shinou centriste qui est crédité de 15 à 17mandats, alors que le parti d’Ariel Sharon obtiendrait 33 à 34 sièges. Le bloc d’extrême droite et des ultras israéliens peut tabler sur une majorité de 65 à 66 députés. Les jeux étant faits, l’unique question est de savoir si Sharon va opter pour une alliance avec les formations de droite et religieuses ou s’il négocie un nouveau gouvernement d’union nationale avec les Travaillistes.
Au Caire, les mouvements de libération palestiniens discutent d’une proposition égyptienne d’un cessez-le-feu unilatéral d’un an avec Israël «afin de donner une chance aux efforts de paix et aux négociations». La relance devrait avoir lieu sur la base de la « feuille de route» du Quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne, ONU) qui doit déboucher sur la création d’un Etat palestinien souverain à l’horizon 2005. La proposition égyptienne appelle en outre à «la fin de l’occupation militaire israélienne et de la colonisation des territoires palestiniens, dont Jérusalem-est, à la création d’un Etat palestinien sur tous les territoires palestiniens occupés avec Jérusalem-est pour capitale.
À cet égard, le mouvement pacifiste israélien, «Paix Maintenant» vient de publier un rapport notant que le gouvernement Sharon a investi près de 500 millions de dollars dans les colonies de Cisjordanie et de la Bande de Ghaza depuis 2001. Selon une source au Caire, les entretiens entre mouvements palestiniens ont également eu un caractère bilatéral. De nombreux observateurs, même s’ils n’entretiennent guère d’espoir quant à la conclusion d’un cessez-le-feu, jugent la réunion du Caire comme une étape importante dans l’émergence d’une politique palestinienne concertée. En tout état de cause, cette réunion visait à renforcer la résistance palestinienne plutôt qu’à la freiner. Il s’agissait également de réaffirmer les principes qui fondent cette résistance, à savoir le droit au retour, l’autodétermination et la lutte contre l’occupation.

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