Al-Qaïda frappe au coeur d’Alger

Al-Qaïda frappe au coeur d’Alger

Alger renoue avec les attentats en zone urbaine. Deux attaques terroristes ont frappé, mercredi 11 avril, le centre d’Alger faisant 23 morts et 162 blessés, selon un bilan provisoire de la Protection civile algérienne. Sous le choc, le chef du gouvernement algérien, Abdelaziz Belkhadem, a immédiatement réagi dénonçant «un acte criminel et lâche». La télévision Al-Jazira a annoncé avoir reçu un appel téléphonique dans lequel un interlocuteur se présentant comme un porte-parole du mouvement «Al-Qaïda au Maghreb» a revendiqué les attaques. Le premier attentat a eu lieu sur l’esplanade du Palais du gouvernement, une imposante bâtisse de plusieurs étages. Hérité de la présence française, ce bâtiment abrite les services du Premier ministre et plusieurs ministères, dont celui de l’Intérieur. L’explosion d’une voiture piégée, très puissante, a été entendue dans toute la ville. Elle a secoué plusieurs immeubles du centre. Des débris de verre jonchaient son esplanade, où se garent habituellement les voitures officielles des ministres et des visiteurs de marque, ainsi que les rues avoisinantes, sur un rayon de plus de 200 mètres.
Et quelques minutes plus tard, un autre attentat à la bombe a visé le commissariat de Bab Ezzouar, près de l’aéroport international d’Alger.  L’attentat contre le Palais du gouvernement a fait 12 morts et 118 blessés. Celui de Bab Ezzouar, lui, a fait 11 morts et 44 blessés, selon un bilan toujours provisoire. L’agence Reuters, citant des sources hospitalières, a fait état d’au moins 30 morts. Ces attentats surviennent cinq jours après un violent accrochage entre l’armée algérienne et un groupe islamiste samedi soir à Ain Defla (ouest d’Alger) au cours duquel neuf militaires ont été tués.
Depuis la «décennie noire», Alger n’a jamais connu de telles attaques. Selon l’AFP, qui cite des sources sécuritaires, ces deux attentats ont été perpétrés par des voitures-suicides.
Ces derniers mois, l’Algérie est touchée par un regain de violence. Le 29 octobre, deux attaques au camion piégé avaient déjà visé des commissariats de la banlieue-est de la capitale. Au moins trois personnes avaient été tuées. Il s’agissait des premiers attentats dans la région depuis l’été 2003.
Depuis le début de l’année 2007, une cinquantaine de personnes ont péri dans des attaques. L’une de ces attaques visait un autocar transportant une vingtaine de ressortissants russes employés de la société Stoitransgaz, chargée de poser des canalisations de gaz dans la région d’Aïn Defla (ouest d’Alger). Un ingénieur russe a péri dans cet attentat, revendiqué par «Al-Qaïda au Maghreb», le nouveau nom du Groupe Salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). Le groupe a récemment revendiqué de nombreux attentats en Algérie, où ses combattants ont affronté plusieurs fois les forces de sécurité. En changeant d’"identité visuelle", le GSCP a annoncé avoir renforcé ses liens avec la nébuleuse Al-Qaïda. D’ailleurs, les attaques d’hier comme ceux qui avaient secoué la Kabylie en février dernier portent la marque du réseau d’Oussama Ben Laden. Ces attaques qui ont été exécutées de façon simultanée à l’aide de voitures piégées ressemblent aux attentats perpétrés en Irak et en Afghanistan.

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