Al Qaïda : La «belle affaire» française

La satisfaction affichée lundi par le ministre français de l’Intérieur était plus que significative sur l’importance de la prise que venaient juste d’effectuer les services sécuritaires de l’Hexagone. «C’est une très belle affaire que cette arrestation d’un opérationnel», a déclaré Nicolas Sarkozy quelques heures après que six islamistes, dont le franco-algérien Slimane Khalfaoui lié à Al Qaïda, aient été arrêtés. Un coup de filet assorti d’un gros poisson donc : Khalfaoui, âgé de 27 ans, possède un C.V qui laisse peu de place aux commentaires. Ancien combattant islamiste en Bosnie et en Afghanistan, il est notamment considéré comme proche de l’islamiste Rabah Kadri, ou «Toufik», inculpé le 9 novembre dernier -en compagnie de deux autres hommes- par la justice britannique pour avoir projeté une attaque terroriste dans le métro de Londres.
Khalfaoui est lui aussi considéré par les enquêteurs comme «un opérationnel», autrement dit un élément pouvant préparer ou organiser un attentat. A ne pas confondre avec les terroristes dits «logisticiens» dont la mission consiste à la fourniture de moyens tels que des faux papiers ou un hébergement. Ce profil pourrait correspondre à celui de Zakarias Moussaoui par exemple, inculpé aux Etats-Unis dans le cadre des attentats du 11 septembre 2001. Slimani Khalfaoui, lui, fait partie ceux qui auraient projeté plusieurs attentats à Strasbourg, dans le nord-est de la France, fin 2000. Il est enfin suspecté d’avoir eu parmi ses relations un autre Algérien, Ahmed Ressam, arrêté le 14 décembre 1999 dans l’Etat de Washington (Etats-Unis) avec dans sa voiture 59 kg d’explosifs ! Qu’il avait prévu de faire sauter pendant les festivités de l’an 2000… Les deux hommes auraient même été, selon les enquêteurs, ensemble dans les camps d’entraînement d’Al Qaïda, en Afghanistan. L’opération policière française a été menée lundi à l’aube dans plusieurs communes de la banlieue parisienne. Khalfaoui a été arrêté chez sa soeur en Seine-Saint-Denis (banlieue nord), domicile où les enquêteurs ont trouvé trois passeports dissimulés dans une cache ainsi qu’une «importante documentation islamiste».
Cinq autres suspects, dont une femme, ont été appréhendés par la Direction de la surveillance du territoire (DST), notamment à Clichy-sous-Bois, dans la même zone. Ces interpellations avaient été précédées deux jours plus tôt de celles de cinq Algériens soupçonnés d’appartenir à une cellule de soutien logistique au Jihad. Parmi eux figurait Redouane Daoud, un fondamentaliste en fuite de la maison d’arrêt de Breda au Pays-Bas depuis juin dernier.
Considérés par les enquêteurs comme «des extrémistes gravitant dans la mouvance salafiste», ces cinq hommes sont accusés d’avoir fourni des faux documents administratifs à des filières originaires du Maghreb. Toujours dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, les autorités pakistanaises ont pour leur part annoncé lundi qu’une dizaine de personnes avaient été arrêtées, avec l’aide du FBI américain, suite au message de Ben Laden diffusé par Al-Jazeera le 12 novembre dernier. Selon la chaîne qatarie, la cassette lui avait en effet été livrée au bureau d’un journaliste à Islamabad, la capitale pakistanaise. Depuis, les services secrets nationaux ont arrêté plusieurs hommes à Karachi (sud) et Lahore (est), dont «un homme originaire du Moyen-Orient».

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