Al-Qaïda redéploie ses tentacules

Al-Qaïda est un réseau diminué, certes, mais il reste toujours actif en Afghanistan, tout comme au niveau international puisqu’il a su, selon les observateurs, y déployer de nombreux tentacules. Ce qui nous amène à la question suivante: la mort de Ben Laden, que le ministère afghan de la Défense affirme avoir localisé au Pakistan, entraînera-t-elle la fin des activités du mouvement ? Le nouveau ministre afghan de l’intérieur, Yunus Qanooni, a d’ores et déjà fait part de son point de vue jeudi en déclarant que « Al-Qaïda a simplement perdu sur le plan géographique mais pas son exécutif. C’est un réseau très dangereux »… Pakistanais, Saoudiens, mais aussi Britanniques, Français ou encore Américains, ces hommes ont souvent été recrutés autour des mosquées pour finir dans les camps d’entraînement d’Al-Qaïda. Les seuls parcours du kamikaze britannique Richard Reid, à bord du vol Paris-Miami, et du Français Zakaria Moussaoui, impliqué dans les attentats du 11 septembre, sont là pour illustrer le phénomène. La présence de ces combattants étrangers aux côtés d’Oussama Ben Laden est d’ailleurs loin d’être une surprise pour les services de sécurité de plusieurs pays. Le cas du Français Hervé Djamel Loiseau en est une illustration. Le combattant taliban, découvert mort le 4 décembre près de Tora Bora, avait déjà été repéré par la police française (citée par Le Monde), au moment du vaste coup de filet opéré dans les milieux islamistes en 1998…
Par ailleurs, dans toutes les prisons réquisitionnées pour accueillir les membres du réseau Al-Qaïda, les autorités déclarent qu’« il y a des gens du monde entier ». C’est dire que la traque s’annonce difficile. Pakistanais, Yéménites, entraînés en Somalie ou en Afghanistan, recrutés dans les mosquées britanniques ou françaises, ces terroristes semblent partout, une dispersion géographique qui les rend aussi inaccessibles que dangereux.
Le recteur de la mosquée londonienne de Brixton, fréquentée par Richard Reid et Zakaria Moussaoui, s’est d’ailleurs insurgé jeudi dans les colonnes du Times contre la police britannique. Abdul Haqq Baker y explique avoir contacté la police « à de nombreuses reprises au cours des cinq dernières années, pour l’avertir de la menace posée par des organisations militantes » dans la région. Selon le recteur, Richard Reid a commencé à fréquenter cette petite mosquée comptant 500 fidèles à la même époque que Zakaria Moussaoui. « Je suis à peu près certain qu’ils assistaient tous les deux à des classes organisées par des extrémistes qui ne pouvaient pas fréquenter notre centre », souligne-t-il.
D’après M.Baker, des imams extrémistes de Grande-bretagne recrutent en effet des candidats au djihad, leur inculquent leur vision particulière de l’Islam, les forment militairement, avant d’en faire des « agents dormants » capables de passer aveuglément à l’action. Comme Reid, Moussaoui, ou encore le jeune Américain John Walker Lindh.

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