Alger : 4e mois de grève pour les médecins résidents

Alger : 4e mois de grève pour les médecins résidents

Les médecins résidents algériens, au quatrième mois de leur grève, étaient très nombreux à observer lundi un rassemblement à Alger, encadré par un dispositif sécuritaire impressionnant, bravant ainsi l’interdiction de toute manifestation dans la capitale.

Malgré les très nombreux policiers, en uniforme et en civil, déployés depuis le début de matinée et qui filtraient de façon stricte l’accès au quartier, les médecins résidents ont réussi à sortir du CHU Mustapha-Pacha pour organiser un vaste mouvement de protestation devant la Grande-Poste où ils étaient très nombreux à tenir un rassemblement.

D’autres groupes de médecins résidents ont improvisé des rassemblements similaires, le premier à quelques dizaines de mètres de l’Assemblée populaire nationale et le deuxième au niveau du CHU Mustapha-Pacha. Dans la matinée, les policiers antiémeutes et des agents en civil ont tenté d’empêcher les médecins de se rassembler.

Venus de tout le territoire national, les médecins résidents ont exprimé leur mécontentement et leur colère en scandant des slogans tels que : «Y’ en marre, el hogra y en marre, SOS, SOS, résidents en détresse». Ils dénoncent aussi la sourde oreille des deux départements concernés par leurs revendications, celui de la Santé et de l’Enseignement supérieur.

Les grévistes rencontrés à la Grande Poste souhaitent que les responsables prennent les mesures qui s’imposent afin d’éviter le pourrissement, une situation qui pénalisera les malades en cas de paralysie des services hospitaliers.

Selon eux, aucun signe n’est encore venu de la part de la tutelle et la grève sera maintenue. «Malgré la sourde oreille de la tutelle, nous continuerons à lutter pour notre dignité et pour un meilleur système de santé dans notre pays», explique un représentant des médecins résidents.

Ce débrayage enclenché par quelque 15.000 médecins résidents de différentes spécialités a provoqué une grande perturbation dans plusieurs établissements hospitaliers, allant jusqu’à la paralysie dans certaines spécialités, à l’instar de la chirurgie, où des interventions chirurgicales ont été reportées et parfois annulées.

Les revendications des médecins résidents portent essentiellement sur l’abrogation du caractère obligatoire du service civil et son remplacement par un autre système de couverture sanitaire pour l’intérêt du patient et l’épanouissement socioprofessionnel du médecin spécialiste, le droit à la dispense du service militaire, le droit à une formation de qualité pour le médecin résident, la révision du statut général du résident, le droit aux œuvres sociales, ainsi que le droit à l’agrément d’installation à titre privé de spécialistes en biologie clinique.

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