Alger : une capitale négligée

Alger : une capitale négligée

«Personne ne peut être fier d’Alger. Il y a les problèmes d’eau, de saleté, de transport, d’insécurité… Tout cela ne peut pas la placer au rang des capitales mondiales». Ces propos sont ceux du ministre algérien de l’intérieur, Nouredine Yazid Zerhouni. Des propos qu’il a tenus, dimanche dernier, devant les walis et les cadres de la wilaya.
Dans ses déclarations, qui ont fait lundi la Une du journal "Liberté d’Algérie", le ministre a dénoncé la saleté, l’insécurité et l’anarchie dont souffre la capitale algérienne.
«Quelles sont les priorités ? Fournir des efforts pour l’amélioration de l’hygiène ? Réfléchir au programme culturel qui sera organisé à l’occasion de cette manifestation ? Faciliter le transport qui constitue une pression pour les habitants et les visiteurs ? Régler les problèmes de développement? Que faire alors que des étrangers, dans chaque coin de rue, risquent de se faire détrousser, yetaâraou !» s’est demandé M.Zerhouni rapporte le quotidien algérois qui estime que «le ministre n’a pas mâché ses mots».
Le ministre algérien a souligné que la ville d’Alger souffre d’énormes insuffisances et ce à tous les niveaux; de l’hygiène au transport en passant par l’éclairage public ou encore la préservation des sites touristiques.
«Personne ne peut me contredire si je dis qu’Alger ne peut être considérée comme une grande ville, placée au rang d’une capitale moderne. Il faut remédier aux grandes carences en matière de transport, de circulation, d’hygiène, d’éclairage public et de préservation des sites historiques et touristiques. Je veux des propositions aptes à être réalisées d’ici mai 2007, pour qu’Alger puisse recevoir ses hôtes sans aucun problème», a-t-il affirmé.
Pour le ministre, la ville d’Alger «n’est pas ce qu’elle doit être» et il juge les présentations et les actions engagées peu convaincantes : «ce qui a été fait n’est pas négligeable, mais c’est loin d’être suffisant».
Et en évoquant les problèmes qui touchent le secteur touristique d’Alger, le responsable a martelé: «comment régler le problème de restauration et d’hébergement. Les hôtels ne sont pas prêts à assurer ce service et certains sont de véritables taudis. Je voudrais que vous pensiez à un nouveau dispositif. Pourquoi ne pas inciter les citoyens à prendre en charge les touristes dans un cadre réglementaire que nous mettrons en place ? Ce qui a été fait est non négligeable, mais très insuffisant».
Le ministre de l’Intérieur a aussi interpellé l’entreprise chargée de l’éclairage sur l’absence de luminosité dans certaines communes alors que des lampadaires restent allumés dans d’autres lieux (notamment les autoroutes) et a fait part du manque d’implication des communes. Selon lui, les problèmes de la capitale algérienne ne découlent pas d’un manque de moyens financiers. «Ce n’est pas un problème d’argent, mais de mobilisation et de ressources», a-t-il conclu. Bien dit.

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