Algérie : la violence frappe les commissariats

Algérie : la violence frappe les commissariats

Vers minuit, un camion chargé d’explosifs a explosé devant le commissariat de Réghaïa, tuant un civil devant son magasin et blessant 11 policiers. Quinze minutes plus tard, devant un commissariat à Dergana (berceau du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC)), une voiture bourrée d’explosifs provoque une grande déflagration, faisant plus de trois blessés, tous des civils. Ces deux attentats n’ont pas été revendiqués. Ils surviennent la veille de la célébration du 52ème anniversaire de la Guerre d’indépendance, le 1er novembre 1954. Fête que les islamistes ne célèbrent jamais. Tous ces attentats ne vont pas sans rappeler le déchaînement terroriste qui ensanglante l’Algérie après chaque fin de Ramadan.
En dix ans, entre 1992 et 2002, les violences et les crimes terroristes commis à longueur d’années auraient fait entre 150.000 et 200.000 morts et 6.000 disparus. Ils ne concernent plus la seule province de la Kabylie, mais presque tout le territoire algérien. Embuscades, attaques armées, enlèvements, attentats à la bombe et assassinats : les groupes armés algériens maintiennent la terreur qu’ils ont instaurée depuis des années.
Après l’entrée en vigueur de la "Charte pour la paix et la réconciliation nationale", accordant le "pardon" aux islamistes armés contre leur reddition, le GSPC demeure le seul groupe armé encore en activité en Algérie. Proposée par le président Abdelaziz Bouteflika dès son accession au pouvoir, cette charte table sur un retour définitif à la paix civile après une dizaine d’années d’affrontements, marquées par plusieurs massacres de civils. Elle a permis la libération de plus de 2.200 détenus pour terrorisme et la reddition de 250 à 300 islamistes armés, selon le ministère algérien de l’Intérieur. Mais ces derniers attentats ne font que démontrer que, malgré cette charte, l’Algérie continue d’être hantée par la violence. Car les groupes armés opposés à cette offre de paix continuent à s’activer dans différentes régions, notamment au centre, à l’Est et au Sud en dépit d’un déploiement impressionnant des forces armées, de la gendarmerie, de la police et des gardes communaux. Ce sont ces mêmes forces de sécurité qui représentent les principales cibles des groupes armés. Les derniers évènements témoignent de l’obstination des groupes armés à passer outre toutes les demandes de paix ou de réconciliation.

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