Algérie : Le pétrole maudit

Algérie : Le pétrole maudit

Il est communément admis que l’Algérie est un pays aux ressources multiples. Un pays extrêmement riche en pétrole et en gaz naturel. Sa grande superficie fait de lui le deuxième grand pays d’Afrique. Sans oublier la large côte méditerranéenne dont bénéficie le pays. Pourtant, nos voisins algériens ont du mal à attirer les investissements étrangers. Une évidence que la banque mondiale vient de s’apercevoir. Selon un rapport de la Banque mondiale, ceci est dû au cadre juridique algérien qui régit les affaires. C’est le constat qui se dégage du rapport final sur le développement du secteur privé en Algérie.
Cette étude, rendue publique mardi, a révélé au grand jour les défaillances du cadre juridique jugé inadéquat. Ni les normes ni les règles applicables ne peuvent encourager les investisseurs étrangers. Il s’agit notamment des dispositions juridiques relatives à la constitution et au fonctionnement des sociétés commerciales, au régime de la concurrence et de la transparence dans les transactions commerciales, au statut de propriété privée et au régime de la faillite et du règlement judiciaire.
La Banque mondiale a recommandé au pouvoir algérien de prendre une série de dispositions afin de redresser la situation. Sur la création d’entreprises et le droit de sociétés commerciales, la Banque mondiale a conseillé aux Algériens de simplifier le processus juridique et administratif de la création d’entreprises, de renforcer la conception libérale, volontariste et consensuelle de la société commerciale. La Banque mondiale a suggéré aux autorités d’introduire la société par actions unipersonnelles et de clarifier le régime juridique du groupe de sociétés, en harmonisant les dispositions du code du commerce avec celles du code des impôts et du code d’enregistrement.
Reste à savoir si de simples réformes suffiront pour faire de l’Algérie un pays capable d’accueil pour les investissements ? Évidemment non. En effet, la problématique est encore plus complexe. Certes, le système juridique n’encourage pas les bailleurs de fonds, mais ce n’est pas le seul facteur. Ou plutôt ce n’est pas le plus déterminant. D’autres éléments entrent en jeu. Il s’agit en premier lieu du juridique. En effet, les instances juridiques du pays ne sont guère indépendantes. Ceci cause un grave problème pour les investisseurs. Comment peut-on aller investir dans un pays où l’on sait que la justice est partiale ? La justice est un facteur décisif que les autorités algériennes sont appelées à prendre en compte. Rappelons que Human Rights Watch, qui a entamé une visite de deux semaines en Algérie, avait sévèrement critiqué la justice dans ce pays. Autre facteur qui bloque l’investissement est celui de l’insécurité. Malgré la fin de la guerre civile, ayant provoqué de graves blessures au peuple algérien, la sécurité demeure l’un des offices que le pouvoir a du mal à maîtriser ou fait semblant d’en avoir. Le GSPC monté de toutes pièces continue à faire des dégâts à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Ce groupe permet à l’Etat algérien de bénéficier du soutien international afin de pouvoir lutter contre le terrorisme, disent-ils. Ceci leur permet de récolter des fonds internationaux, des aides en logistiques, mais il a aussi fait fuir l’investissement.
Au lieu d’être un pays qui attire l’investissement, l’Algérie est désormais l’un des pays africains les moins désirés par les détenteurs de projets ou de capitaux. C’est aussi un pays au passé dur. Un pays qui n’arrive toujours pas à tourner une page sombre de son histoire vu que le pouvoir refuse que le peuple la lise. En procédant de la sorte, il condamne toute une nation à un retour en arrière. Pour éviter de sombrer dans le chaos, le pouvoir algérien ferait mieux de revoir sa politique intérieure au lieu de concentrer ses efforts sur la campagne visant à diviser le Maroc et porter atteinte à son intégrité territoriale.

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