Algérie : le retour des attentats

Algérie : le retour des attentats

L’Algérie a connu ces derniers jours un véritable regain de violence. Les attentats terroristes ont repris dans ce pays après les vastes opérations de ratissage effectuées par les forces de sécurité algériennes dans les régions contrôlées par les groupes armés.
Ainsi, trois Algériens ont été blessés, lundi, dans l’explosion d’une bombe à l’entrée de la gare routière de la ville de Boumerdès (50 km à l’est d’Alger). L’un d’eux a été grièvement atteint par l’engin explosif dissimulé dans un amas d’ordures près de l’entrée de la station, a rapporté la presse algérienne.
Cet attentat est le deuxième du genre à se produire dans la ville de Boumerdès depuis un mois. Une bombe artisanale avait explosé au centre-ville, en mai dernier, près de la gare ferroviaire, faisant plusieurs blessés.
Dimanche, un autre attentat a coûté la vie à trois gardes communaux algériens chargés d’assurer la surveillance d’un gazoduc au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou (120 km à l’est d’Alger). Ils ont péri au moment où leur véhicule a sauté sur une bombe. Trois autres gardes ont été blessés dans cette explosion survenue à 8 km de la commune de Draâ El Mizan, région connue pour être un foyer persistant des activités des groupes armés.
Ce gazoduc a fait l’objet de plusieurs sabotages de la part des groupes armés islamistes depuis le début, en 1992, des violences des groupes armés islamistes en Algérie, selon les journaux.
Cet attentat est attribué par la presse au Groupe salafiste pour le combat (GSPC). La région chevauchant les wilayas de Tizi Ouzou et Bouira (Kabylie) demeure un important foyer d’activités terroristes attribuées au GSPC.
Le recours aux attentats à l’explosif de la part du GSPC, soupçonné d’en être l’instigateur, dénoterait, selon la presse algérienne, un changement d’attitude de ce groupe pour faire diversion, face aux opérations de ratissage menées par l’armée et les forces de sécurité pour le déloger de ses retranchements dans la région.
Malgré l’offre d’extinction de poursuites faite aux groupes armés en contrepartie de leur reddition, le GSPC continue à afficher son refus de déposer les armes selon les termes proposés dans "la charte pour la paix et la réconciliation nationale", adopté par référendum en septembre 2005 et mise en œuvre par ordonnances, depuis février dernier.
Au moins 15 personnes ont été tuées dans ces violences depuis début juin, selon un décompte établi à partir de bilans officiels et de presse. La violence en Algérie a fait entre 150.000 et 200.000 morts depuis 1992, selon un bilan officiel.


 Insécurité grandissante


Après l’explosion en mai dernier d’une bombe en plein centre de la ville de Boumerdès, la presse algérienne a tiré la sonnette d’alarme. La bombe n’avait pas fait de victimes, mais les observateurs ont estimé que cette attaque signifie le retour du terrorisme urbain. Cela fait des années qu’aucun attentat n’a été commis dans une ville algérienne. Une crainte qui vient d’être confirmée par ces nouvelles attentats. Mais le plus inquiétant, d’après certains journaux algériens, est la nature du matériel utilisé par les auteurs des attentats. Ces derniers utilisent désormais des bombes actionnées à distance. Le GSPC, à qui l’on impute ces attentats, ne semble pas affaibli par les opérations de ratissage de l’armée algérienne. Au contraire, ses méthodes deviennent de plus en plus sophistiquées. Rejetant toujours la "charte pour la paix et la réconciliation nationale", le GSPC se livre à une véritable guerre contre le pouvoir algérien.

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