Algérie : les Archs se fâchent

Algérie : les Archs se fâchent

Des partisans des Archs, qui animent la contestation en Kabylie, se sont rassemblés samedi, sur un axe routier près de Tizi Ouzou, pour exiger le démantèlement d’un point de contrôle de la gendarmerie, rapporte la presse algérienne.
Plusieurs dizaines de membres de la coordination des Archs de Tizi Ouzou ont réclamé le départ définitif de l’unité de gendarmerie qui a installé ce poste de contrôle, sur la route entre Tizi Ouzou et Azazga.
« Les manifestants ont déployé des slogans hostiles tels : "non au retour de la gendarmerie", "gendarmes assassins des 126 martyrs du Printemps noir", "gendarme = hogra, tchippa, prostitution et drogue", "halte à l’impunité" ou encore "jugez les assassins" », raconte "La dépêche de Kabylie".
Selon des journaux algériens, le poste a dû être démantelé sous la protection des éléments de la police judiciaire et la sûreté de la wilaya et ce « pour éviter tout incident ».
Les activistes des Archs ont distribué des tracts à la foule pour réitérer leur refus du déploiement du corps de la gendarmerie dans la Kabylie, qu’ils accusent d’être responsables des dépassements ayant marqué les manifestations sanglantes du printemps berbère en 2001.
En novembre dernier, El Hocine Mazouz, wali de Tizi Ouzou avait annoncé que des brigades de gendarmerie seront installées conjointement avec des structures de la BMPJ, dès l’année 2007, dans toutes les communes de la wilaya.
Une décision qui a provoqué la colère du mouvement des Archs qui s’en tient à sa revendication contre le retour de la gendarmerie en Kabylie, au même titre qu’aux autres points de la plate-forme d’El Kseur réclamant également l’indemnisation des victimes des manifestations sanglantes d’avril 2001 (printemps noir).
«Une revendication qui reste non négociable, d’autant qu’elle constitue un chapitre que le gouvernement algérien et les délégués dialoguistes ont consigné dans le protocole d’accord du 25 janvier 2005», estime "La dépêche de Kabylie".
«Faut-il encore signaler que les suites du dossier des 23 gendarmes, identifiés coupables dans les assassinats des jeunes manifestants lors des évènements du printemps noir, qui devait être traité devant les tribunaux civils des wilayas de Tizi-Ouzou, Bgayet et Bouira, reste sans suite », précise "La dépêche".
La crise en Kabylie, une région en dissidence permanente avec le pouvoir central, est née à la suite de l’assassinat d’un jeune lycéen le 18 avril 2001 par une brigade de la gendarmerie. La bavure a mis le feu aux poudres dans cette région qui a vécu pendant trois ans dans l’engrenage des émeutes et de la répression. Le bilan s’élève à 126 morts et des centaines de blessés, sans compter les dégâts matériels qui se chiffrent en milliards de dinars.

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