Algérie : un émir du GIA libéré

En vertu de la charte pour la paix et la réconciliation, les autorités algériennes poursuivent le processus de libération des prisonniers islamistes. Après les dirigeants du FIS (Front islamique du salut, interdit), c’est au tour de ceux du Groupe islamique armé (GIA).
Dimanche dernier, l’ancien chef du GIA, Abdelhak Layada, dit Abou Adlène, a été libéré de la prison de Serakdji, dans la banlieue algéroise, où il était détenu depuis 1993.
Une libération qui intervient dans le cadre de la mise en œuvre de la Charte pour la paix et de la réconciliation nationale que les Algériens avaient approuvée massivement par référendum en septembre 2005. Rappelons que ce référendum a été fort critiqué par l’opposition qui avait dénoncé des fraudes ainsi que le fait d’être exclu du débat politique.
«Il a été blanchi de tous les crimes commis au nom du Djihad entre 91 et 93, l’année de son arrestation. Il a la lourde responsabilité d’avoir créé le GIA, une organisation qui cumule à son actif les pires atrocités, s’insurge un quotidien privé algérien . Même si lui et ses complices ont bénéficié d’une grâce présidentielle, ils restent néanmoins passibles du tribunal criminel international, pour peu que leurs victimes décident de le saisir», a écrit le quotidien El Watan.
Mécanicien à Baraki, localité de la banlieue est d’Alger, Layada avait été porté en 1992 à la tête du GIA, à la suite d’un congrès tenu dans les maquis de Tamezguida (80km au sud d’Alger).
Sous sa direction, le GIA se structura en Algérie à travers la création de régions et de zones. Ce groupe radical est responsable de massacres de civils commis lors de la vague de violence née en 1992 avec l’annulation d’élections que des islamistes radicaux étaient en passe de remporter.
En juin 1993, Layada avait été arrêté au Maroc, où il s’était rendu pour acheter des armes destinées au maquis. Il avait été extradé en décembre de la même année.
Le gouvernement algérien, qui prévoit de libérer au total 2.629 prisonniers islamistes, a remis en liberté le 6 mars dernier l’ex-numéro deux du FIS, Ali Belhadj, qui était en détention pour avoir rendu hommage aux insurgés anti-américains en Irak.
À sa sortie, l’imam, connu pour ses prêches incendiaires, a affirmé aux médias que le gouvernement algérien n’a pas le droit d’interdire les anciens dirigeants de son parti à participer aux débats politiques.
Par ailleurs, Abdelkrim Kadouri, bras droit d’Amar Saifi, dit «le para», a été exécuté jeudi dernier par un groupe terroriste à El Oued, une localité située à 900km au sud-est d’Alger, ont rapporté plusieurs journaux algériens.
Le quotidien "Liberté", qui en a fait son principal titre, explique que Kadouri a été mitraillé près de chez lui par un groupe armé non identifié qui a pris la fuite après l’attentat à bord d’un véhicule tout-terrain. Abdelkrim Kadouri, avait  abandonné les maquis du Groupe salafiste pour la prédiction et le combat (GSPC) dans le cadre de la politique de Concorde civile du président Bouteflika.

 Polémique autour du GIA

Certains experts affirment que le GIA a pendant longtemps été instrumentalisé par le régime algérien, pour décrédibiliser pour de bon les milieux islamistes.
Ainsi le mouvement aurait été infiltré par la sécurité militaire algérienne et manipulé par elle, les services militaires seraient d’après eux directement responsables de l’escalade de la violence.
Cette thèse persistante pourrait être confirmée par des témoignages relatant la présence de terroristes du GIA dans des secteurs fortement surveillés et à proximité de casernes militaires de l’armée algérienne. Des témoignages de membres de la Direction du Renseignement et de la Sécurité (DRS) affirment que l’Algérie aurait instrumentalisé le GIA pour l’attentat de la station Saint-Michel et celui de Maison-Blanche.
Certains affirment que "la mafia politico-financière" et certains milieux corrompus se sont servis de la guérilla islamiste pour assassiner des intellectuels algériens qui ont dénoncé la corruption et le pouvoir en place.

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