Algérie : Un tourisme dangereux

Algérie : Un tourisme dangereux

Le ministère algérien de l’Intérieur a annoncé, dimanche que les cinq touristes allemands retrouvés samedi dans le Sahara algérien, après qu’ils ont été portés disparus depuis mercredi, seront présentés à la justice. D’après un communiqué du même ministère, les touristes en question sont accusés d’infraction aux règlements relatifs à la circulation des touristes dans le Sahara et à l’accès au Parc national du Tassili, ainsi que de vol de pièces archéologiques protégées».
Selon des sources militaires citées par la presse algérienne, il a fallu quatre jours d’intenses recherches dans un périmètre désertique d’une superficie de plus de 80 000 km2 pour retrouver les cinq ressortissants allemands. Officiellement, les cinq Allemands ont été retrouvés sains et saufs, samedi soir, dans la région de Djanet (1 800 km au sud-est d’Alger), « en possession de pièces archéologiques protégées qu’ils avaient subtilisées du Parc national du Tassili ».
Heilmelier Ernest, Lehmann Dirk, Garhmer Wolfgang, Kellnier Elfred et Wolf Elisabeth ont été retrouvés « à bord de leurs véhicules dans la région de Erg Edmer à l’intérieur du Parc national du Tassili », a ajouté le ministère algérien. Le parc national du Tassili, qui s’étend sur plus de 80.000 km2 à l’est du massif central saharien algérien, comporte de nombreux sites archéologiques classés parmi le patrimoine mondial de l’UNESCO. La presse locale avance que les cinq touristes auraient faussé compagnie à leur guide sans raison apparente, avant qu’ils ne soient retrouvés campant dans le désert entre Djanet et la frontière nigérienne distante d’environ 300 kilomètres. Lorsque la disparition a été annoncée samedi dernier, l’affaire a vite pris des dimensions très bruyantes et particulièrement quand la radio d’Etat avait annoncé qu’ils avaient été retrouvés, citant le ministre du Tourisme, avant de rectifier le tir avec un démenti quelques heures plus tard. Pour une certaine presse algérienne, les Allemands ne sont que des malfrats préméditant depuis leur arrivée de commettre des subtilisations. Ainsi, «une trentaine d’objets historiques et archéologiques ont été récupérés après avoir été subtilisés par ces pirates qui se faisaient passer pour des touristes. Il s’agit, entre autres, de gravures rupestres, meules, molettes et autre matériel de broyage», écrit un journal algérien.
Certains journaux algériens, n’ont jamais cru à l’hypothèse de l’enlèvement. Ils ont estimé, dimanche, que les touristes portés disparus projetaient de voyager seuls, d’où la forte probabilité qu’ils avaient effectivement l’intention de se livrer au «pillage de sites archéologiques». Par ailleurs, un directeur d’une agence spécialisée dans le tourisme saharien en Algérie avait déclaré à l’AFP que les cinq touristes avaient été interpellés par une patrouille alors qu’ils tentaient de passer au Niger en contournant le poste-frontière d’In Guezzam. Les cinq Allemands étaient arrivés en Algérie via le poste frontalier Taleb Larbi, à El Oued dans l’extrême sud-est algérien, le 11 novembre 2004 en provenance de la Tunisie grâce à une agence touristique implantée dans cette ville frontalière de l’extrême sud-est algérien, selon le ministère algérien de l’Intérieur.
Ils s’étaient ensuite rendus, le 14 novembre, à Djanet en compagnie d’un guide touristique désigné par cette agence conformément à la réglementation algérienne en matière de tourisme dans le désert.
Le 16 novembre, les touristes allemands ont « faussé compagnie » à leur guide enfreignant ainsi la réglementation qui régit la circulation des touristes dans le désert du Sahara. L’affaire de ces Allemands disparus puis retrouvés n’aurait certainement pas fait autant de bruit si elle ne renvoyait pas vers le souvenir récent de l’enlèvement de 32 touristes en 2003 par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).

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