Ali Mohamed Al-Megrahi bientôt libéré

Ali Mohamed Al-Megrahi, le Libyen condamné pour l’attentat de Lockerbie, devrait être bientôt libéré en raison de son cancer en phase terminale, affirmaient jeudi les médias britanniques, des informations qualifiées de «pures spéculations » par les autorités. La nouvelle a suscité des réactions mitigées parmi les familles des 270 victimes, certaines la qualifiant de «honte», d’autres de justifiée. Megrahi devrait «probablement» sortir de prison la semaine prochaine, pour raison de santé, croit savoir la BBC, sans citer ses sources. Le Libyen «devrait» être libéré à temps pour entamer chez lui le Ramadan, qui commence le 20 août, ajoute la BBC, une information relayée par la plupart des médias britanniques. «Pures spéculations», a cependant réagi un porte-parole du Premier ministre écossais Alex Salmond. «Aucune décision n’a été prise», a-t-il déclaré. Al-Megrahi, 57 ans, a été condamné en 2001 à la prison à vie assortie d’une période de sûreté de 27 ans, pour l’explosion du vol 103 de la compagnie américaine PanAm le 21 décembre 1988 au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie, tuant les 259 personnes à bord, la plupart américaines, ainsi que onze au sol. Les médecins lui ont diagnostiqué un cancer de la prostate l’an dernier. Selon son avocat, la maladie s’est généralisée et a atteint un stade avancé. Son épouse, Aisha Megrahi, avait affirmé à l’AFP en début d’année qu’il était «en danger de mort». Sa libération «serait une honte», a cependant réagi Susan Cohen, dont la fille alors âgée de 20 ans avait compté parmi les passagers du vol 103. «Je pense que c’est ignoble. Cela ne fait que montrer le pouvoir de l’argent du pétrole, qui compte plus que la justice», a-t-elle déclaré depuis les Etats-Unis. Le Britannique Jim Swire, qui a perdu une fille de 23 ans dans l’attentat, a en revanche estimé qu’une libération pour raisons de santé «ferait honneur à l’Ecosse, plus qu’un transfèrement». «Je ne crois pas qu’il est coupable», a-t-il ajouté. Martin Cadman, dont un fils de 32 ans est décédé dans l’explosion du vol, a dit «espérer» que la libération soit confirmée. «Je pense qu’il est innocent», a-t-il dit. Pamela Dix, de l’association de familles de victimes « UK Families Flight 103 », a elle aussi souligné les « carences de la justice » qui ont mené à la condamnation de Megrahi, selon elle. Megrahi avait été condamné par un tribunal spécial, composé de trois juges écossais. Mais le Libyen avait toujours proclamé son innocence. Son avocate Margaret Scott avait qualifié le verdict « d’erreur judiciaire ». Selon la BBC, le secrétaire écossais à la Justice Kenny MacAskill devrait officiellement annoncer la libération du Libyen la semaine prochaine. M. MacAskill avait rendu visite la semaine dernière au détenu, dans sa cellule de la prison de Greenock, dans l’ouest de l’Ecosse. Ce geste inédit avait nourri les spéculations récurrentes sur sa remise en liberté. Franck Rubino, un avocat américain qui avait participé à la défense de Megrahi, a indiqué sur la chaîne Sky News que des membres de l’équipe internationale de la défense du Libyen lui avaient indiqué qu’il allait être «remis en liberté car il souffre d’une maladie très grave, en fait mortelle». Les conseils de Megrahi avaient multiplié les recours. Outre un nouvel appel contre sa condamnation, après un premier perdu en 2002, une demande de libération pour raisons médicales avait été reçue le mois dernier par le gouvernement. En mai, Tripoli avait par ailleurs sollicité son rapatriement.


Par Loïc VENNIN AFP

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