Allégement du blocus à Gaza

Après un concert de protestations mondiales et des mises en garde contre une crise humanitaire dans un territoire pauvre de 1,5 million d’habitants, Israël a décidé d’alléger le blocus. L’Etat hébreu a desserré mardi le bouclage imposé depuis cinq jours à la bande de Gaza en autorisant la livraison de quantités limitées de carburants au territoire palestinien. Des camions-citernes chargés de 80 tonnes de gaz domestique et 60.000 litres de diesel ont franchi le terminal routier de Nahal Oz, entre Israël et la bande de Gaza mardi, selon des responsables palestiniens.
Israël a en outre autorisé la livraison de 360.000 litres de mazout destinés à l’unique centrale de la bande de Gaza qui avait cessé de fonctionner dimanche faute de carburant. Un blocus total de Gaza avait été imposé jeudi par Israël à la suite d’une multiplication des tirs de roquettes contre le sud d’Israël.
Le directeur de la centrale électrique de Gaza, qui fournit 30% de son électricité au territoire, a dit mardi espérer pouvoir la remettre en marche dans les prochaines heures. «Si la quantité promise, c’est-à-dire 360.000 litres par jour, arrive, nous allons remettre en marche deux des quatre turbines et produire 55 mégawatts. Pour que le centrale tourne à plein régime et produise 80 mégawatts, il nous faut entre 450.000 et 500.000 litres par jour», a déclaré Rafiq Maliha à l’AFP. Le président palestinien  Mahmoud Abbas a affirmé, mardi à Ramallah, que  l’allègement du blocus de Gaza par Israël était «insuffisant», exprimant sa  détermination à obtenir la levée totale du blocus. «Cela est insuffisant et nous allons poursuivre nos efforts pour obtenir la  levée totale du blocus», a assuré M. Abbas. Le Hamas pour sa part a minimisé l’allègement du blocus annoncé par Israël. «C’est de la poudre aux yeux», a déclaré à l’AFP Taher Al-Nounou, porte-parole du Hamas. «La crise est toujours là et ce qu’ils ont fait n’est qu’une tentative de résorber la protestation populaire palestinienne et arabe», a-t-il affirmé. «À quoi cela sert d’avoir une ville illuminée alors que la mort lente continue à cause des pénuries de produits alimentaires et médicaments?», s’est-il interrogé. Pour sa part, le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni, mardi,  pour dénoncer la détérioration de la situation humanitaire dans la bande de  Gaza à la suite du blocus décrété, jeudi dernier, par Israël. Cette réunion, à la veille de consultations du Conseil de sécurité sur le  Moyen-Orient, se tiendra à la demande de la Ligue arabe qui s’est elle-même  réunie en urgence, lundi au Caire, pour analyser la situation à Gaza.
«Le conseil de la Ligue arabe demande que des mesures appropriées soient  prises par le Conseil de sécurité pour mettre fin immédiatement à cette série  d’attaques contre les nôtres, en particulier dans la bande de Gaza», a déclaré  aux journalistes Riyad Mansour, l’observateur palestinien aux Nations unies. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé, lundi, le Premier  ministre israélien Ehud Olmert à prêter la plus grande attention aux événements en cours dans la bande de Gaza, a fait savoir le cabinet de Ban Ki-moon dans un communiqué.  Israël qui a annoncé que les médicaments devraient êtres livrés à partir de mercredi, n’a pas écarté de resserrer son étau si sa population restait menacée. «La livraison qui a été effectuée est à titre exceptionnel. Nous allons procéder à une évaluation en tenant compte des tirs de roquettes et de la situation humanitaire. Nous voulons envoyer un signal clair au Hamas mais en même temps nous ne voulons pas une confrontation avec la communauté internationale», a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Aryeh Mekel. Depuis le 15 janvier, Israël a mené une série d’attaques dans la bande de Gaza faisant 38 morts, notamment des activistes du Hamas.

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