Allemagne : duel télévisé entre Schroëder et Merkel

Le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder a défendu dimanche soir de manière pugnace ses réformes, face à une candidate des conservateurs Angela Merkel plus sûre d’elle et combative que prévu, lors de leur unique duel télévisé à deux semaines des élections législatives.  Selon un sondage de la chaîne publique ARD diffusé aussitôt après le débat, 54% des téléspectateurs ont trouvé le chancelier plus convaincant contre 31% pour la dirigeante chrétienne-démocrate.
À l’issue de ce débat de 90 minutes, des analystes ont toutefois estimé qu’Angela Merkel, 51 ans, avait effectué une bonne performance face à un chancelier charismatique et très à l’aise avec les médias. La première attaque de Mme Merkel était venue très tôt quand elle avait fustigé "l’absence de confiance" entre M. Schröder et les militants de sa formation, le Parti social-démocrate (SPD). D’abord tendu, le chancelier, âgé de 61 ans, a semblé gagner en assurance au fil du débat, se montrant ironique vis-à-vis de sa rivale, et l’attaquant avec virulence en particulier sur le choix de son conseiller économique conservateur Paul Kirchhof et futur ministre des Finances en cas de victoire des conservateurs. M. Schröder a accusé le projet fiscal de M. Kirchhof de vouloir taxer autant "l’infirmière que le millionnaire". Il a reproché à l’opposition de "traiter les hommes comme des objets". Étonnamment détendue et sûre d’elle en dépit de sa réputation de timidité, Mme Merkel, 51 ans, vêtue d’un costume bleu nuit très classique, souriait finement, comme si elle semblait s’amuser des remarques de son pugnace adversaire.
Au début comme à la fin du débat organisé à l’hôtel Adlershof à Berlin et animé par quatre journalistes des deux chaînes publiques ARD et ZDF, et privées RTL et SAT1, le chancelier social-démocrate a plaidé passionnément pour la poursuite de réformes qui, a-t-il dit, assureront l’avenir "de nos enfants et petits-enfants". Il a revendiqué le "courage" d’avoir engagé des réformes du marché du travail "qui commencent à prendre" et fait deux allusions au conflit en Irak "une guerre superflue" qu’il a su refuser.

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