Angleterre : La reine-mère n’est plus

Jusque très âgée, apparemment infatigable, elle assumait un calendrier très chargé d’engagements, qu’elle remplissait toujours avec le sourire et, semble-t-il, avec plaisir. «Il se trouve tout simplement que j’aime les gens», expliquait-elle à un membre de son personnel.
La reine mère symbolisait pour les Britanniques ce qu’il y a de meilleur dans la famille royale. Et sa mort tourne définitivement une page de l’histoire de la monarchie et des coutumes qui ont marqué pendant un siècle la vie du Royaume-Uni.
Son «courage», son «élégance» et sa «dignité» ont été soulignés par de nombreux chefs d’Etat, dont S.M. le Roi Mohammed VI, et de gouvernement qui ont présenté samedi et dimanche leurs condoléances à sa fille, la reine Elizabeth II d’Angleterre. Premier à réagir au décès de la «Queen Mumm», le Premier ministre britannique Tony Blair a vu en elle un symbole de «droiture et de courage». Soulignant qu’elle «faisait partie de la fibre de ce pays», M. Blair a salué «son élégance, son sens du devoir et son remarquable appétit de vivre» qui «l’ont amenée à être (…) vénérée dans notre pays comme à l’étranger». Il a aussi souligné «sa bravoure lorsqu’elle a refusé catégoriquement de quitter Londres et son mari pendant le blitz (au cours de la seconde guerre mondiale)». «Il était de mon devoir d’épouser Bertie (le futur George VI) et je suis tombée amoureuse de lui après», confie-t-elle à une amie dans les années 40, témoignant que le sens du devoir était au premier plan de ses valeurs.
Après l’abdication inattendue d’Edward VIII, auquel son époux, George VI, a dû succéder, elle avoue à un membre de son personnel : «nous devons prendre ce qui se présente et nous en accommoder». C’est elle qui, par sa détermination et sa volonté, aide son époux, le timide duc d’York, qui n’était pas destiné à régner, à entrer dans son rôle royal.
Pendant la seconde guerre mondiale, elle incarne le courage et la résistance britanniques en refusant de quitter Londres, pilonné par les avions allemands, pour se mettre à l’abri comme on l’en pressait. «Les enfants ne partiront pas sans moi. Je ne partirai pas sans le roi. Et le roi ne partira jamais», tranche-t-elle.

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