Angola : La paix à portée de main

«Nous l’avons cloué de sept tirs. Il tentait de résister avec son arme à la main, mais il a fini par mourir», racontait vendredi le général de brigade Simao Carlitos Wala, à la tête des forces gouvernementales qui traquaient le chef rebelle depuis plus de trois ans.
Il aura d’ailleurs fallu quinze balles pour venir à bout de Jonas Savimbi, leader de l’Union Nationale pour l’Indépendance Totale de l’Angola (UNITA), abattu sur les bords du fleuve Luvuei à Moxico (Centre-Est). Tué avec 21 rebelles chargés de sa protection alors qu’il tentait de se rendre à la frontière zambienne, Savimbi – couché sur un brancard, criblé de balles, les jambes enveloppées dans le drapeau de l’UNITA – a été exhibé samedi au public et aux médias, avant que son corps ne soit inhumé sous un arbre, à Lucusse (province de Moxico). Dans un dernier hommage rendu dimanche à Lisbonne, le représentant de l’UNITA au Portugal (ancienne puissance coloniale de l’Angola), Carlos Morgado, a tenu à affirmer que l’organisation n’était pas morte malgré la disparition de son fondateur.
«Combattant de la liberté» avec l’appui de Washington, puis paria aux yeux de la communauté internationale, Savimbi avait consacré sa vie à lutter pour le pouvoir dans ce pays riche en pétrole et en diamants, d’abord contre la puissance coloniale portugaise, puis contre les différents régimes communistes. Il avait d’abord rejoint l’Union des Peuples Angolais (UPA) en 1961 avant de créer quatre ans plus tard son propre groupe, l’UNITA. Dans sa lutte pour conduire le pays à l’indépendance en 1975, il avait été repoussé par le MPLA (Mouvement populaire pour la libération de l’Angola) de Neto qui s’était alors emparé du pouvoir avec le soutien des Cubains.
Chassé de Luanda, Savimbi avait pris le contrôle du Centre et du Sud, où, avec l’aide de soldats sud-africains et d’armes américaines, il organisait la guérilla. Se présentant comme un défenseur de la démocratie et un rempart contre le communisme, les Soviétiques et les Cubains, il avait même été reçu à la Maison- Blanche par Ronald Reagan en 1986. Armé par la CIA et Pretoria, il n’a pourtant jamais réussi à renverser le pouvoir. Sous la pression internationale, il avait signé deux cessez-le-feu avec le président angolais Dos Santos, en 1991 puis en 1994. Ses activités rebelles n’ont pourtant jamais cessé, et Savimbi, accusé de violences sur la populations, a fini par être rattrapé.
Sa mort relance aujourd’hui l’espoir d’un arrêt des violences qui ont fait pas moins d’un million de morts en 26 ans… Lors de sa rencontre à Lisbonne avec le ministre portugais des Affaires étrangères Jaime Gama, le président angolais Dos Santos a ainsi assuré dimanche que Luanda s’engageait à « prendre des mesures rapides et fermes pour consolider un cessez-le-feu et à trouver des bases permettant de remettre en route le processus politique ». Il a ajouté que ce processus pourrait inclure des élections «dans un avenir proche, mais pas dans le futur Immédiat».

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