Antisémitisme : Chirac «choqué» par les propos d’Israël

«J’ai été profondément choqué et, je dirais, meurtri par les propos qui ont été tenus sur le développement de l’antisémitisme en France», a déclaré le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse commune avec le ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Peres. «Je tiens à dire clairement qu’il n’y a pas de poussée d’antisémitisme en France, que rien ne permet d’étayer ces affirmations et que la France et toutes ses autorités restent très vigilantes dans ce domaine», a-t-il souligné. «Je condamne profondément toute action qui peut ou pourrait être conduite contre la sécurité et contre la dignité de la communauté juive de France», a continué le président français avant de déclarer: «je n’ai pas compris quelle était cette campagne, quelles étaient ses origines, pourquoi on avait voulu la faire». Visiblement soucieux de clore la polémique, M. Pérès s’est pour sa part déclaré «convaincu que les autorités françaises mènent une lutte sérieuse et déterminée contre l’antisémitisme». «Je suis sûr que la France n’est pas antisémite ni historiquement, ni actuellement», a-t-il affirmé, précisant que le «sentiment» des représentants de la communauté juive française qu’il a rencontrés mardi matin «est le même».
Les tensions entre Paris et Jérusalem sur le développement supposé d’une vague d’antisémitisme en France, ont été provoquées par les récentes déclarations de plusieurs responsables israéliens, dont le Premier ministre Ariel Sharon, qui s’étaient déclarés « très inquiets » pour les Juifs de France, estimant qu’ils faisaient face à «une très dangereuse vague d’antisémitisme» depuis les attentats du 11 septembre dernier.
Réagissant à ces accusations, le ministre français des affaires étrangères, Hubert Védrine, avait déjà répondu le 24 février dernier dans les colonnes du Parisien-Dimanche que «la France n’est pas antisémite». Il avait ajouté que cette dénonciation était «si erronée que plusieurs responsables des institutions juives de France ont tenu à ramener les choses à leur juste proportion». Selon la diplomatie française, qui se démarque depuis quelques temps sur la question du conflit au Proche-Orient, la déclaration d’Ariel Sharon «s’explique par la politique israélienne de relance de l’immigration». Hubert Védrine avait alors tenu à expliquer que la France n’accepterait «en aucun cas que l’on transpose dans (son) pays des antagonismes entre communautés».

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