Après l’attentat : Riposte massive en vue

Le ministre de la Défense Binyamin Ben-Eliezer s’est entretenu avec les responsables de l’armée israélienne dès jeudi matin pour étudier une riposte, a déclaré son conseiller Yarden Vatikai. Cette réunion intervient après que plusieurs membres du gouvernement israélien aient appelé à une riposte massive et annoncé la fin de la « retenue » dont Tsahal faisait preuve ces derniers jours.
La contre-attaque israélienne comprend notamment l’expulsion de Yasser Arafat, la destitution de l’Autorité palestinienne et la reconquête de la majeure partie des territoires de Cisjordanie et de la bande de Ghaza. Une riposte qui entraînerait une nouvelle spirale de violences au moment où le sommet de Beyrouth et la mission américaine d’Anthony Zinni tentent de trouver une issue pacifique au conflit.
Ce mercredi soir, alors qu’Israël fêtait la Pâque juive, le kamikaze – Abdelbaset Odeih originaire de Tulkarem (Cisjordanie), selon le Hamas qui a revendiqué l’attaque – a pu déjouer la sécurité des forces de l’ordre pour s’introduire dans un hôtel-restaurant de Netanya, au nord de Tel-Aviv.
En faisant exploser la ceinture d’explosifs qu’il portait sur lui au milieu des convives réunis pour le traditionnel dîner du Seder, le kamikaze palestinien a tué au moins 20 personnes. Selon la police israélienne, plusieurs des victimes sont des touristes européens et une ressortissante suédoise a pu être identifiée. Jeudi matin, la moitié des victimes restaient cependant sans identité, et 81 personnes étaient toujours hospitalisées, dont 23 sont dans un état grave.
Mercredi, après avoir «vivement condamné» l’attentat – le plus meurtrier depuis celui de la discothèque de Tel-Aviv en juin dernier, M. Arafat s’est entretenu avec ses chefs de la sécurité et a ordonné l’arrestation de responsables du Hamas, du Djihad islamique et des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa. Jeudi, des responsables locaux de la sécurité palestinienne ont annoncé qu’ils avaient reçu des listes de suspects devant être interpellés. George W. Bush et Colin Powell sont quant à eux intervenus publiquement, peu après l’annonce de l’attentat, pour une nouvelle fois presser le chef de l’Autorité palestinienne d’agir pour mettre fin à la spirale de violences. Le président américain a notamment appelé «M. Arafat et les autorités palestiniennes à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour arrêter les tueries terroristes». «Il est temps pour le président Arafat de parler à son peuple à la télévision et sur les ondes, de leur dire qu’ils détruisent leur propre désir et vision d’un Etat palestinien vivant côte à côte avec Israël dans des frontières sûres et reconnues, qu’il est temps d’arrêter ce genre d’activités », a pour sa part lancé le secrétaire d’Etat. Ce jeudi, Yasser Arafat craignait quant à lui «une réoccupation imminente de Ramallah par l’armée israélienne».
Selon le chef de la délégation palestinienne à Beyrouth, Farouk Kaddoumi, il a aussi « émis des craintes sur sa sécurité personnelle». 150 chars israéliens encerclaient en effet Ramallah, et le président, bloqué depuis le 3 décembre dans cette ville, «a demandé à tous les étrangers de la quitter par mesure de sécurité». Ce que le personnel américain a d’ores et déjà fait.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *