Arafat : «Il est de mon devoir d’aller à Beyrouth»

Le président Arafat a fait cette déclaration dans une interview publiée vendredi par le quotidien français «L’Humanité», où, en référence à la menace d’être bloqué sur le chemin du retour, il assure que «quant à revenir, je reviendrai». «N’oubliez pas, rappelle-t-il , qu’il m’est arrivé, dans le passé, de revenir clandestinement. Je reviendrai à Al-Qods».
Au cours de cet entretien réalisé mercredi soir, le président de l’Autorité palestinienne a estimé d’autre part que la réunion tripartite entre Israéliens, Palestiniens et l’émissaire américain ne peut aboutir à un cessez-le-feu car «c’est encore trop tôt». «Il faudra encore d’autres réunions pour y aboutir. Mais il est très important que ces rencontres trilatérales entre les généraux continuent». «Nous avons beaucoup de points à discuter» notamment «tous les points dans le plan Tenet», précise le président de l’Autorité palestinienne. «On ne peut pas dire combien de temps il faudra». «Mais en ce qui concerne le cessez-le-feu, je vous rappelle que nous l’avons accepté plusieurs fois».
«Nous avons accepté le plan Tenet et le rapport Mitchell dès le début, poursuit M. Arafat, précisant que les Palestiniens les ont «toujours pris comme un tout : accepter l’un, c’est accepter l’autre». «D’ailleurs, ajoute-t-il, c’est ainsi qu’ils ont été conçus. Les deux documents ensemble servent de plate-forme de négociations».
A une question de savoir si les Etats-Unis lui semblaient avoir adopté ces derniers temps une attitude plus équilibrée, M. Arafat répond: «Oui, sans aucun doute. Ils sont revenus cette fois-ci avec un nouveau plan et de nouvelles idées. Et n’oubliez pas l’initiative prise par le président Bush au conseil de sécurité de l’ONU. Les Etats-Unis ont présenté pour la première fois une résolution demandant l’établissement d’un Etat palestinien indépendant». La journaliste lui demande alors s’il ne craignait pas qu’il ne s’agisse de la part de Washington d’une simple tactique pour avoir les mains libres pour frapper l’Irak.
«Ce n’est pas seulement cela», lui répondit-il, « n’oubliez pas que le président Bush a été le premier président des Etats-Unis à se prononcer clairement et officiellement pour un Etat palestinien indépendant. Cela se passait en ma présence pendant l’assemblée générale des Nations Unies».
En préambule à l’interview, la journaliste souligne que l’autorisation accordée par Ariel Sharon à Yasser Arafat de se déplacer en Cisjordanie et à Ghaza est «toute théorique puisque les routes sont coupées par des barrages multiples et que l’hélicoptère présidentiel a été détruit par des bombes en même temps que l’héliport de Ghaza». Et d’ajouter qu’après l’entretien, qui s’est achevé peu après minuit, «il nous a été impossible de passer le barrage de Kalandia» pour revenir à Al-Qods.
Les militaires israéliens ont tout simplement tiré à l’approche de leur véhicule. Trois coups de semonce dans la nuit qui leur ont fait faire demi-tour, «mais qui montrent l’état de grande nervosité dans laquelle se trouvent les soldats israéliens». Et aussi que l’occupation et le siège de Ramallah continuent, même s’il n’y a plus, comme il y a un mois, de chars israéliens autour du bureau de Yasser Arafat.

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