Arafat prêt à négocier

Dans un communiqué diffusé par l’agence officielle WAFA, le président de l’Autorité palestinienne souligne que « le peuple palestinien et sa direction sont prêts à entamer des négociations globales pour résoudre tous les problèmes avec les voisins israéliens sous auspices américains, européens, internationaux et arabes ». M. Arafat, dont le siège a été levé, a indiqué s’attendre à « un aboutissement rapide des efforts de paix américains, européens et arabes », rappelant le plan de paix saoudien proposant une normalisation arabe totale avec Israël contre son retrait des territoires occupés en 1967.
Colin Powell, le secrétaire d’Etat américain, a indiqué que les Etats-Unis, l’Union européenne, la Russie et l’ONU, membres du « quartette » sur le Proche-Orient, voulaient organiser une conférence internationale sur le conflit cet été. Il est toutefois resté vague sur les modalités de cette rencontre. Yasser Abed Rabbo, le ministre palestinien de l’information, a émis des doutes sur ce projet de conférence, estimant que les Palestiniens voulaient des « résultats substantiels, et pas du rituel ». « La conférence internationale dont ils parlent se tiendra l’été prochain et l’été prochain, cela veut dire encore de longs mois », a ajouté M. Abed Rabbo.
Sur un autre plan, Mary Robinson, haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l’Homme, a jugé « crédible » le rapport de l’organisation humanitaire Human Rigths Watch (HRW) sur Jénine, lors d’une conférence de presse vendredi à Vilnius, appelant « l’Etat responsable, Israël, à engager une enquête indépendante et des poursuites contre ceux qui se sont rendus responsables de violations du droit humanitaire international ». Pour sa part, la presse du golfe s’est indignée de la dissolution de la mission sur l’établissement des faits dans le camp palestinien de Jénine, accusant l’ONU d’avoir cédé à Israël et aux Etats-Unis. L’agence russe Ria Novosti souligne, de son côté, qu’Israël n’aurait pu jamais refuser qu’une commission de l’ONU enquête sur les évènements de Jénine sans le soutien des Etats-Unis.
Dans un commentaire consacré «au refus d’Israël de coopérer avec la mission de l’ONU à Jénine », l’agence note que Tel-Aviv a tellement posé de conditions qu’il apparaissait d’évidence que la mission onusienne n’irait jamais enquêter dans le camp de réfugiés. Et de souligner que la garantie donnée par Washington à Israël est d’opposer le veto au conseil de sécurité de l’ONU en cas de sanctions contre l’Etat hébreu. C’est d’ailleurs à Washington que doit se rendre ce dimanche le Premier ministre israélien Ariel Sharon pour pour son cinquième rendez-vous avec le président George Bush, à qui il présentera un « plan de paix » qu’il a soumis vendredi au mini-cabinet israélien. Rien n’a filtré de la réunion de cette instance dont font partie, notamment, les chefs des partis politiques représentés au gouvernement d’union nationale de Sharon. Les ministres arabes des Affaires étrangères se réuniront, de leur côté, mercredi au Caire, pour donner suite à la proposition de paix pour le Proche-Orient, adoptée lors d’un sommet arabe au mois de mars, a indiqué vendredi un porte-parole de la ligue arabe, précisant que le prince héritier saoudien Abdallah, auteur de la proposition de paix, se trouverait au Caire au moment de la réunion.
A signaler enfin que l’Afrique du Sud conduira une délégation du mouvement des non-alignés qui doit se rendre prochainement dans la région pour y rencontrer Yasser Arafat. Sur le terrain, un officier israélien a été tué vendredi et un autre blessé au cours de l’incursion de l’armée d’occupation israélienne dans la ville palestinienne de Naplouse (nord de la Cisjordanie).

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