Arafat s’accroche

Arafat s’accroche

Le portefeuille de la sécurité, objet de discorde entre Arafat et Qoreï, n’est plus vacant. En effet, lundi, le président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat a nommé un haut responsable du Fatah, Hakam Balaoui, ministre de l’Intérieur par intérim. Cette nomination pourrait susciter la colère du Premier ministre Ahmad Qoreï et précipiter ainsi sa démission avant la fin de son mandat qui devrait expirer dans trois semaines. Ahmad Qoreï, qui a annoncé son intention de démissionner une semaine après sa nomination à la tête de l’exécutif palestinien, soutenait un autre candidat, le général Nasr Youssef, pour occuper ce poste. Les différends opposant les deux hommes ont débouché sur une nouvelle crise. M. Qoreï a précisé qu’il expédierait les affaires courantes pendant trois semaines avant qu’on ne désigne un nouveau Premier ministre, le troisième depuis la fin avril. Le différend qui oppose le dirigeant palestinien à son Premier ministre sur le contrôle des services de sécurité a conduit l’Autorité palestinienne à une impasse semblable à celle qui a provoqué la démission de Mahmoud Abbas en septembre. Afarat n’a pas voulu céder le contrôle des appareils de sécurité grâce auxquels il continue à exercer la majeure partie des pouvoirs dans les territoires palestiniens. «Tout tourne autour de la question de répartition des pouvoirs », a indiqué un responsable du Fatah, ajoutant que « Arafat refuse de partager le pouvoir avec qui que ce soit. Tant que cela durera, il n’y aura pas de solution ». Nayef Sweitat, un responsable du Fatah en Cisjordanie, estime pour sa part que le conflit autour des services de sécurité reflète une crise plus profonde au sein de la direction palestinienne. « Le comité central (du Fatah) est incapable de décider et de trancher sur des questions cruciales qui préoccupent vraiment le peuple. Les membres du comité central ne sont pas capables de faire face à de nouveaux développements», a-t-il ajouté. Dans cette atmosphère, le gouvernement de crise, conduit par Ahmed Qoreï, gouvernera pour une période limitée à un mois. Sur le terrain, l’infernale machine de guerre du Premier ministre israélien continue d’exterminer la population palestinienne. Pour le quatrième jour consécutif, l’armée israélienne mène un raid musclé dans le sud de la bande de Gaza. Dimanche, quelque 1.500 Palestiniens étaient sans maison dans le camp de réfugiés de Rafah, a indiqué une agence des Nations Unies. Toujours dans le sud de la bande de Gaza, un Palestinien a été tué dans la nuit de samedi à dimanche par les tirs de soldats israéliens près de la colonie de Morag. Son décès porte à 3.536 le nombre de personnes tuées depuis le début de l’Intifada, le 28 septembre 2000, dont 2.631 Palestiniens et 842 Israéliens. Il faut dire que ces conflits internes, entre les dirigeants palestiniens, ne servent en rien la question palestinienne. Au lieu d’unir leurs rangs pour défendre la cause du peuple palestinien, voilà des dirigeants qui se livrent à des guerres intestines qui pourraient être exploitées par les Israéliens.

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