Argentine : Duhalde entre en scène

Le Congrès a finalement choisi mardi soir un nouveau président pour le pays, deux jours après la démission d’Adolfo Rodriguez Saâ, qui n’est resté au pouvoir qu’une petite semaine.
Le sénateur péroniste Eduardo Duhalde devient donc le cinquième dirigeant argentin en moins de deux semaines ! Ancien gouverneur de la province de Buenos Aires, la plus grande et la plus riche du pays, Eduardo Duhalde devra donc à son tour tenter de redresser une Argentine en pleine déroute, avec une économie catastrophique, une population qui désespère du chômage et de la pauvreté. Autant dire que la tâche ne sera pas facile pour ce leader politique âgé de 60 ans, candidat malheureux de la dernière élection présidentielle de 1999, remportée par Fernando De La Rua…
«Mon engagement à partir d’aujourd’hui est d’en finir avec le modèle économique qui a conduit au désespoir la grande majorité de notre peuple», a-t-il déclaré devant les élus peu après sa nomination à la présidence mardi. Dans son discours au Congrès, le nouveau président argentin a d’ailleurs laissé planer l’idée d’un retour au protectionnisme, tout en affirmant que l’Argentine ne rembourserait sa dette extérieure, de 132 milliards de dollars, qu’une fois son économie relancée. Son arrivée au pouvoir, si elle ne fait pas l’unanimité, semble cependant revêtir un parfum de revanche. Duhalde avait fait relativement peu parler de lui depuis sa défaite en 1999 jusqu’aux législatives d’octobre dernier, remportées par son camp. Ses dix années passées à la tête de la province de Buenos Aires restent quant à elles marquées par des soupçons de corruption, puisqu’on l’accuse – notamment- d’avoir vidé les caisses de la région et de s’être enrichi grâce au narcotrafic. Numéro deux de la présidence de Carlos Menem de 1989 à 1991, le nouveau dirigeant avait débuté comme avocat avant d’entrer en politique comme maire de sa ville natale, Lomas de Zamora, dans les faubourgs de Buenos Aires. S’il ne satisfait pas tout le monde, certains Argentins veulent tout de même voir en lui l’espoir de voir la crise actuelle se terminer. «C’est un homme politique populaire, traditionnel», a estimé l’analyste politique Rosendo Fraga. «Il représente la dernière alternative dans la classe des hommes politiques traditionnels». Alternative ou cadeau empoisonné, la nouvelle de sa nomination a déjà provoqué le mécontentement d’une partie de la population qui a protesté mardi soir devant le bâtiment du Congrès.
Munis de casseroles, les manifestants ont marqué le premier jour de l’année par leurs « Non à Duhalde. Des élections maintenant »…

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