Arrestation en France du dirigeant le plus recherché de l’ETA

Arrestation en France du dirigeant le plus recherché de l’ETA

La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a souligné, dans un communiqué, que Txeroki était «soupçonné d’être l’auteur des meurtres des deux gardes-civils espagnols à Capbreton (Landes) le 1er décembre 2007». Selon des médias espagnols, citant des sources antiterroristes, «Txeroki» a été arrêté en compagnie d’une femme, suspectée d’être aussi membre de l’ETA, à Cauterets (Hautes-Pyrénées). L’identité de cette femme n’a pas été précisée, selon une source proche du dossier à Paris. Ils ont été placés en garde à vue sur place et devaient être transférés à Bayonne plus tard dans la journée, a déclaré la même source. Le président de la République française Nicolas Sarkozy a estimé que cette arrestation démontrait «l’excellente collaboration entre la France et l’Espagne dans la lutte contre le terrorisme basque». Les enquêteurs ont trouvé dans l’appartement situé au 2e étage d’un petit immeuble où ils ont été arrêtés une arme de poing, de faux documents administratifs et un ordinateur, au cours d’une perquisition qui devait durer toute la journée, selon la même source.
L’agence de presse basque, Vasco Press, a précisé que l’arrestation a eu lieu à 03h30 et qu’elle était le fruit d’une coopération entre la police française et la Garde civile espagnole. L’opération a été menée sur commission rogatoire de la juge antiterroriste Laurence Le Vert et réalisée par les fonctionnaires de police de la sous-direction antiterroriste (SDAT), de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), de la PJ de Bayonne et du RAID. «Txeroki» aurait pris, fin 2003, la tête des commandos de l’ETA, dont il est réputé incarner l’aile dure, hostile au dialogue avec Madrid. Il était à ce titre le responsable de l’organisation des attentats perpétrés par l’ETA. Le chef militaire présumé de l’ETA avait été mis en cause par deux membres de cette organisation pour sa participation directe à ces assassinats, avait indiqué, début novembre dernier, le ministre espagnol de l’Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba. Les gardes civils Raul Centeno, 24 ans, et Fernando Trapero, 23 ans, avaient été froidement abattus par balles le 1er décembre 2007 par trois membres de l’ETA, à la sortie d’une cafétéria de Capbreton, alors qu’ils effectuaient une mission de renseignement dans le sud-ouest de la France. L’ETA avait revendiqué le double meurtre dans un communiqué, annonçant sa volonté de frapper les forces de sécurité espagnoles «en tout lieu». Mme Alliot-Marie a adressé ses «félicitations  à l’ensemble des fonctionnaires de police qui ont permis l’interpellation. «Cette interpellation démontre une fois encore l’engagement résolu des services de police et de gendarmerie français dans la lutte contre toute forme de terrorisme», a ajouté la ministre. «Elle illustre une nouvelle fois l’excellente collaboration entre la France et l’Espagne dans la lutte contre le terrorisme basque», a-t-elle conclu dans son communiqué. «Txeroki» serait l’un des tenants de la ligne dure de l’organisation clandestine, soupçonné d’avoir torpillé le processus de dialogue engagé en 2007 avec le gouvernement socialiste espagnol, en ordonnant un attentat de grande envergure à l’aéroport de Madrid (2 morts), le 30 décembre 2006. L’ETA, inscrite sur la liste des organisations terroristes de l’UE et des Etats-Unis, est tenu pour responsable de la mort de 824 personnes en 40 ans de violences pour l’indépendance du Pays basque.

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