Arrestations dans la mouvance d’Al-Qaïda

« Il y a jusqu’à vingt personnes arrêtées, et quelques étrangers figurent parmi eux », a indiquéle porte-parole des forces armées pakistanaises, le général Shaukat Sultan, en ajoutant que personne n’avait été blessé et que l’opération n’avait fait aucun « dommage collatéral ».
Des centaines de soldats pakistanais soutenus par des hélicoptères de combat ont investi la région de Zarkai, dans le Sud-Waziristan (300 km au sud-ouest d’Islamabad), où des rumeurs localisent fréquemment le chef d’al-Qaïda, Oussama ben Laden. L’opération, annoncée comme imminente depuis trois jours, visait notamment des militants « ouzbeks et tchétchènes », a précisé ce responsable sous couvert d’anonymat, sans en préciser le nombre.
L’armée pakistanaise a indiqué dans un communiqué que l’opération – la troisième de ce type dans cette région depuis octobre – était la conséquence de l’expiration d’un ultimatum lancé en janvier pour obtenir la reddition de « terroristes » et de leurs sympathisants. « L’ultimatum ayant expiré (le 20 février), le gouvernement a décidé de lancer, sur renseignement, l’opération qui est en cours », selon le communiqué publié par l’armée pakistanaise.
« Partenaire de premier plan de la coalition anti-terroriste, le gouvernement du Pakistan manifeste par cette opération sa détermination continue à poursuivre sa politique en dépit des risques encourus », ajoute le communiqué.
Plusieurs dizaines de sympathisants d’al-Qaïda, soupçonnés d’avoir aidé ou abrité des présumés terroristes, ont été récemment remis aux autorités locales par des chefs de tribus de cette zone, avait indiqué lundi un responsable pakistanais. Depuis le début de l’année, les autorités pakistanaises se sont efforcées d’obtenir des chefs tribaux la reddition d’une centaine de ces sympathisants. Plus de la moitié ont été remis aux autorités locales, selon ce responsable. Les habitants de la zone tribale ont « accueilli avec plaisir cette opération, car la présence de ces éléments constituent une nuisance pour eux », poursuit le communiqué des forces armées pakistanaises, en soulignant qu’aucune troupe ou service étranger n’était impliqué. « Les forces de sécurité pakistanaises mènent l’opération et aucun soldat ou service étranger n’est concerné », assure le texte en référence aux services de renseignement américains dont la présence au Pakistan est vivement critiqué par les islamistes, dont les zones tribales constituent un des bastions.
L’armée pakistanaise avait annoncé ce week-end être prête à lancer une opération dans le Sud-Waziristan, le plus méridional des sept districts de la zone tribale autonome pakistanaise, qui court sur 1.500 km le long de la frontière afghane et échappe largement au contrôle d’Islamabad. Les responsables pakistanais avaient également démenti que cette opération en préparation soit en relation avec la possible présence dans la région d’Oussama ben Laden, régulièrement localisé par des rumeurs aux confins de la frontière afghano-pakistanaise.
Le district du Sud-Waziristan est frontalier de la province afghane de Paktika, une des plus touchées par l’insécurité entretenue par les talibans depuis la chute du régime fondamentaliste à l’automne 2001. Deux opérations de recherche avaient été menées en octobre et janvier par l’armée pakistanaise au Sud-Waziristan. La première s’était soldée par la mort de deux soldats pakistanais et de huit militants présumés d’al-Qaïda. Dix-huit autres « terroristes étrangers », selon l’armée pakistanaise, avaient été arrêtés.

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