Askar Akaïev promet la fermeté face au « coup d’Etat »

"Les structures du pouvoir n’ont pas le droit de faire preuve de faiblesse lorsqu’elles sont confrontées à des révolutions colorées (…) qui sont en fait des coups d’Etat", a dit Akaïev dans une adresse à la nation, en faisant allusion à la "révolution de la rose" en Géorgie et à la "révolution orange" en Ukraine. Les leaders de ces mouvements de protestation "sont dirigés et financés de l’étranger", a ajouté Akaïev, reprenant les accusations lancées notamment par Moscou lors des événements de Kiev et Tbilissi. "Les forces de l’ordre, conformément à la Constitution, ont donné la réponse qui convient (à l’opposition radicale). Ce sera la même chose à l’avenir", a ajouté le président, qui s’exprimait devant le nouveau Parlement, issu des législatives de février-mars derniers, contestées par l’opposition, réuni à Bichkek pour la première fois. De violents heurts ont eu lieu ces derniers jours entre la police et les manifestants dans le sud de ce pays pauvre d’Asie centrale, où le mouvement de protestation s’est durci. Mais le président Akaïev, au pouvoir depuis 1990 et considéré jusqu’à présent comme le moins irrespectueux des règles démocratiques parmi les leaders d’Asie centrale, a exclu de décréter l’état d’urgence. "Je souhaite déclarer fermement qu’en tant que président, je ne prendrai jamais de telles mesures", a-t-il dit.
Le porte-parole du chef de l’Etat, Abdil Seguizbaïev, a pour sa part affirmé que les leaders de l’opposition avaient "perdu le contrôle de la situation", dénonçant un "putsch" fomenté par des "éléments criminels liés à la mafia de la drogue, qui veulent s’emparer du pouvoir".
L’opposition s’est de son côté adressée au président russe, Vladimir Poutine, pour que Moscou, qui lundi avait apporté son soutien au pouvoir en place, passe à une analyse "objective" du mouvement de contestation contre le régime "antipopulaire" d’Askar Akaïev.
"La situation dans la république s’aggrave de jour en jour, et devient tellement explosive qu’elle peut devenir une menace sérieuse pour la paix et la stabilité dans toute l’Asie centrale", a mis en garde le principal leader de l’opposition, Kourmanbek Bakiev, dans une lettre au président russe.

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