Attentat sanglant à Bali

Récemment critiquée par Washington et ses voisins asiatiques pour son manque d’efforts en matière de lutte contre le terrorisme, l’Indonésie a subi samedi soir «le pire acte terrorisme qu’elle ait jamais connu». La cible : sa destination touristique la plus prisée, l’île de Bali. Une première bombe avait cependant quelques heures avant touché le consulat philippin de Manado, un port de l’île de Sulawesi, dans le centre de l’archipel sans faire de victime.
Sur l’île de Bali, la première déflagration est survenue dans le centre de Denpasar, la capitale, à 23h05 à une centaine de mètres du bureau consulaire américain. Presque au même moment, une seconde bombe explosait dans la station balnéaire de Kuta Beach, devant une boîte de nuit, le Sari Club.
Des touristes australiens majoritairement, mais aussi des Canadiens, des Britanniques et des Suédois se trouvent parmi les 182 victimes et 132 blessés, dernier bilan donné dimanche par la présidente indonésienne, Megawati Sukarnoputri. Pour les autorités du pays, il ne fait d’ailleurs nul doute que cette attaque visait avant tout les touristes, cette discothèque étant presque exclusivement fréquentée par des étrangers, notamment australiens. Non-revendiqué, cet attentat pourrait par ailleurs être le fait d’un groupe islamiste, Jemaah Islamiyah, dont le chef, Abubakar Ba’asyir vivait et se déplaçait jusque-là librement en Indonésie.
Le chef de la diplomatie australienne a déclaré dimanche que son gouvernement s’était inquiété de l’éventualité d’une telle attaque terroriste. Ces craintes ont été suscitées, a-t-il expliqué, par des tentatives d’attentats de la Jemaah contre des intérêts australiens, britanniques et américains à Singapour l’année dernière. La JI «a effectivement des liens avec Al Qaïda. Elle a des rapports personnels et financiers avec Al Qaïda et il est vraisemblable qu’elle soit à l’origine de l’attentat de Bali», a même affirmé M. Downer. Lequel avait, il y a à peine une semaine, évoqué publiquement la menace que représentait ce groupe aux yeux de son pays. Vendredi, Camberra avait même alerté toutes ses missions diplomatiques à l’étranger sur un possible attentat d’Al Qaïda et affiliés. «La guerre contre le terrorisme doit continuer avec une vigueur sans relâche et une détermination totale», a pour sa part souligné dimanche le premier ministre australien John Howard, dont le pays s’est allié aux Etats-Unis depuis le lancement de la lutte anti-terroriste.
La Jemaah Islamiyah est-elle à l’origine de cette attaque unanimement qualifiée d’«odieuse» par les chancelleries du monde entier ? Si cela reste encore à prouver, il ne fait à l’heure actuelle nul doute que l’organisation est une des tentacules d’Al Qaïda. Son chef Ba’asyir faisait souvent part de son «admiration» pour Oussama Ben Laden. Il avait même été récemment présenté comme le chef régional du réseau dans les colonnes du Time, qui s’était appuyé sur les aveux d’un terroriste koweïtien arrêté. Son groupe serait aussi lié à d’autres mouvements intégristes d’Asie du Sud, en Malaisie, Singapour, Bruneï et sur l’île de Mindanao (au sud des Philippines) notamment.

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