Attentat sanglant à Kirkouk et perspectives de retrait partiel américain

La police de Kirkouk (250 km au nord de Bagdad) a indiqué que le dernier bilan de l’attentat commis mardi soir dans cette ville à la fois kurde, arabe et turcomane, s’élève à 22 morts et 26 blessés.
Un véritable traquenard a été tendu à la police. Accourus dans une rue commerçante à la suite d’une première explosion et de l’assassinat d’un collègue, les policiers ont été surpris par un kamikaze qui a foncé dans la foule à bord d’une voiture piégée.
Selon le ministère de l’Intérieur, quatre policiers figurent parmi les morts aux côtés de femmes et d’enfants. Cinq policiers ont été blessés.
Les victimes ont dû être enterrées séparément mercredi matin pour éviter d’offrir une cible collective aux kamikazes.
A Bagdad, les assassinats de dignitaires sunnites se sont poursuivis, avec celui d’un chef tribal et ses quatre fils, a-t-on appris de source policière. Cheikh Fadel Sarhid Ali et ses fils ont été abattus par des inconnus portant des uniformes de la Garde nationale, un corps de l’armée, qui ont fait irruption à leur domicile dans un quartier sud de la capitale.
Un directeur au ministère de l’Industrie, Radi Ismaël Jawad, a été assassiné alors qu’il circulait en voiture, et le général Mehdi Kassem, ancien chef de la police de la circulation, a été abattu par quatre inconnus à son domicile dans Bagdad. Les responsables des ministères et les cadres de l’Etat sont une cible de choix par les rebelles, qui les accusent de "collaborer" avec les forces étagères.
En dépit de l’insécurité générale en Irak, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a déclaré mardi soir que les conditions pour une réduction du nombre de soldats américains déployés dans ce pays pourraient être réunies "très prochainement".
"Le président (George W. Bush) a dit que dès que les forces irakiennes seraient prêtes, nous envisagerons une réduction de nos forces et je pense que le moment va arriver très prochainement où les Irakiens seront de plus en plus à même de prendre en charge la sécurité de leur propre avenir", a-t-elle déclaré dans une interview à la chaîne de télévision Fox News. Environ 159.000 militaires américains sont actuellement déployés en Irak à trois semaines des élections fixées au 15 décembre.
 Après ce scrutin, le nombre de soldats américains doit passer à 138.000, selon un responsable du Pentagone.
Cependant, Mme Rice a estimé que les forces de sécurité irakiennes devaient prouver qu’elles étaient capables de "tenir le pays" avant tout début de retrait des forces américaines.
Ces commentaires surviennent après un appel lancé lundi lors d’une réunion inter-irakienne au Caire pour l’établissement d’un calendrier de retrait des troupes étrangères d’Irak. Cette question promet d’être au coeur de la conférence de réconciliation irakienne prévue pour février-mars à Bagdad.
Par ailleurs, le commandement américain a annoncé mardi soir la fin de l’opération irako-américaine "Rideau d’acier", une offensive majeure lancée au début du mois près de la frontière syrienne et destinée à couper la "principale voie de ravitaillement de la rébellion" qui, selon un communiqué américain, vient de la Syrie, en empruntant la vallée de l’Euphrate.
L’opération a ouvert la voie à une présence permanente de l’armée irakienne dans cette région et a créé les conditions pour que les électeurs puissent se rendre aux urnes lors des élections du 15 décembre, a affirmé le communiqué.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *