Ballet diplomatique au Proche-Orient

Ballet diplomatique au Proche-Orient

Volonters décrit comme cassant et peu enclin aux effusions, Ehoud Olmert avait décidé de faire mentir cette réputation en recevant, le 23 décembre 2006, dans sa résidence officielle de Jérusalem le président de l’Autorité palestinienne pour un mini-sommet de deux heures. Les services du Protocole avaient multiplié les attentions destinées à souligner le caractère exceptionnel de l’événement.
D’une part, c’est accompagné de son épouse Aliza, connue pour ses opinions pacifistes, qu’Ehoud Olmert a accueilli Mahmoud Abbas et les membres de sa délégation D’autre part, les drapeaux israélien et palestinien flottaient côte à côte sur la résidence de Jérusalem, un geste symbolique et un honneur réservé d’habitude  aux dirigeants d’Etat officiellement constitués. Enfin, les deux hommes se sont donné une accolade chaleureuse. La partie palestinienne a été sensible à cet accueil et à l’atmosphère chaleureuse du dîner.
De fait, après les violents affrontements qui ont opposé, en décembre, partisans du Hamas et du Fath, Israël entendait bien manifester son appui au président de l’Autorité palestinienne, «  un partenaire crédible et sûr », et l’aider à reprendre le contrôle de Gaza.
Sur ce point, Abou Mazen a obtenu plus que des assurances. Outre la perspective de nouvelles rencontres et d’une reprise des négociations, il a eu l’assurance qu’Israël lui verserait 100 millions de dollars provenant des taxes fiscales et douanières collectées pour les Palestiniens et gelées par le gouvernement israélien depuis l’arrivée au pouvoir du Hamas. Ehoud Olmert s’est également engagé à laisser passer vers Gaza un contingent de 400 camions par jour afin d’alléger les difficultés d’approvisionnement connues par la population. Bien que l’information ait été démentie, le chef du gouvernement israélien a également autorisé, selon Haaretz, «la livraison par l’Egypte d’un chargement de deux mille fusils kalachnikov Ak-47 ainsi que de vingt mille chargeurs et deux millions de boîtes de balles… aux groupes armés du Fatah dans la bande de Gaza».
Seul point sur lequel un accord n’a pu être trouvé, la libération de détenus palestiniens proches du Fatah. Toutefois, selon des indiscrétions provenant des deux côtés, Ehoud Olmert aurait levé son veto formel à la libération l’ancien chef des Tanzim du Fatah, condamné à la prison à vie.
Dans la foulée de ce sommet israélo-paestinien, d’autres initiatives politiques semblent être en cours comme le montre la rencontre, le 4 janvier 2007, à Charm-el-Cheikh, entre Ehoud Olmert et Hosni Moubarak, symbole du rôle déterminant joué par l’Egypte dans le résolution des querelles interpalestiniennes et dans les efforts pour obtenir la libération du caporal Gilad Shalit.
Reste que Ehoud Olmert est significativement revenu sur son rejet de l’offre syrienne en déclarant le 28 décembre : « L’Etat d’Israël est ouvert à tout murmure de paix de la part de nos voisins. Si nos ennemis veulent la paix, ils trouveront en nous un partenaire fiable, déterminé à établir des relations de paix, d’amitié et d’équilibre ». Est-ce cela qui a poussé Tsippi Livni, la ministre israélienne des Affaires étrangère, tenue à l’écart par Ehoud Olmert, à déclarer à Haaretz qu’elle avait son propre plan de paix.
Un couac qui pourrait être contreproductif et rappeler de manière caricaturale le sévère jugement de Henry Kissinger : « Israël n’a pas de politique étrangère, uniquement une politique intérieure ».

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