Baroin ou la tentation du troisième homme

Baroin ou la tentation du troisième homme

Même si les jeux semblent pliés en faveur d’une reconduite de François Fillon à son poste de Premier ministre, forcément accompagnée d’une sortie de son rival du moment Jean Louis Borloo du gouvernement, cette longue saga du remaniement aura été une précieuse occasion de révéler des hommes et des profils. Lorsque les deux pistes Fillon et Borloo devenaient politiquement infructueuses, Nicolas Sarkozy se mettait à la recherche d’un troisième homme, d’abord pour pouvoir créer la surprise ensuite pour ne pas avoir la main forcée.Beaucoup de noms avaient circulé à l’époque, Michelle Alliot-Marie, ministre de la Justice, Jean François Copé, patron du groupe parlementaire UMP, Bruno Lemaire, ministre de l’Agriculture et de la Pêche. Mais il y en avait un qui attirait une attention particulière tant il était à la fois si peu probable dans la grande guérilla pour les postes de responsabilité que se livre UMP et partis centristes et pourtant d’une surprenante évidence. C’est celui de François Baroin, actuel ministre du Budget. Son choix aurait marqué une véritable rupture, un saut générationnel impressionnant. Le jeune François Baroin, nommé «bébé Chirac», fut parmi les dernières personnalités à avoir rejoint le gouvernement de François Fillon. Son entrée au gouvernement faisait partie d’une ouverture de Nicolas Sarkozy vers le premier cercle de Jacques Chirac dont une grande partie fut frappée par la malédiction de la victoire de Nicolas Sarkozy. Les portraitistes de François Baroin ne ratent pas l’occasion de souligner l’admiration qu’a toujours nourri Nicolas Sarkozy à l’égard du jeune Baroin en qui il voyait le reflet de son propre dynamisme couplé à la dévorante et précoce ambition de grimper l’échelle gouvernementale. François Baroin, 45 ans, un ancien journaliste politique actuellement en couple avec la comédienne Michelle Laroque, après avoir été le compagnon de la journaliste de France 3 Marie Drucker, continue de surprendre les commentateurs par son look de vieux «Harry Potter», du nom de ce jeune apprenti sorcier héros de la série fantastique à succès écrite par la romancière anglaise J.K.Rowling et par sa propension naturelle à aggraver le son de sa voix pour se donner d’avantage de contenance. Depuis sa nomination au ministère du Budget, François Baroin a montré une fidélité sans faille à l’égard de Nicolas Sarkozy. Même quand il arrivait que le président de la République soit malmené par l’opposition à cause de la tendance de l’administration fiscale à être clémente avec les financiers de ses campagnes électorales, François Baroin a su se montrer solidaire là où il aurait eu raison de prendre de la distance. Il a su faire preuve d’un tempérament étonnamment sarko-compatible, surtout de la part de quelqu’un élevé dans la bergerie de Jacques Chirac connue pour sa défiance naturelle à l’encontre de la gouvernance Sarkozy. De ce personnage lisse qu’a voulu montrer François Baroin, seule est venue le vivifier et lui donner du relief sa concurrence froide avec la ministre de l’Economie, des Finances et l’Emploi Christine Lagarde. Il est arrivé que les deux personnalités se soient contredites publiquement sur des questions primordiales, révélant une sorte de cohabitation qui ne veut pas dire son nom.

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