Beït Hanoun enterre ses morts

Beït Hanoun enterre ses morts

«Par notre âme, par notre sang, nous mourrons pour vous, Ô martyrs de Beit Hanoun », « vengeance, vengeance, Ô martyrs Ô bien-aimés, notre riposte aura lieu à Tel-Aviv», clamait une foule de gens qui brandissait des drapeaux de l’ensemble des factions palestiniennes.
Ils étaient des milliers à crier « vengeance » jeudi à Beit Hanoun lors des funérailles de 18 personnes tuées dans un bombardement israélien alors que l’Etat hébreu était en état d’alerte après les menaces d’attentats suicide des groupes armés.
Le Conseil de sécurité de l’ONU devait se réunir jeudi pour un débat public sur la tuerie de mercredi qui a suscité des condamnations mondiales alors que les Etats-Unis se sont dits « profondément attristés ».
En bus, en voitures, à pieds, des milliers de personnes ont afflué dans la ville (nord de la bande de Gaza), désormais appelée par les Palestiniens «Beit Hanoun la martyre», pour mettre en terre les 18 personnes -dont huit enfants et cinq femmes- tuées dans des tirs d’artillerie israéliens contre leurs maisons.
Les 18 tués, dont 16 sont des membres d’un même clan familial, ont été inhumés au «cimetière des Martyrs de Beit Hanoun», dans le nord de la ville, près de la frontière avec Israël.
«Ce massacre nous pousse à nous venger et à poursuivre notre résistance», a affirmé Mohammed Nichouane, 23 ans, en marchant dans le cortège.
«Même s’ils continuent à nous tuer, nous ne fuirons pas cette terre», a renchéri Akram Kafarna, 40 ans, tandis que Taysir Al-Masri, 36 ans, indiquait : «Cette ville a connu de nombreux jours sombres, mais c’est peut-être le plus noir de tous».
En Israël, la police a été placée en état d’alerte avancée mercredi pour faire face à d’éventuels attentats palestiniens après les menaces de reprises des opérations suicide par la branche armée du Hamas, à la tête du gouvernement palestinien, et du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas.
La sanglante bavure de l’artillerie israélienne a suscité un concert de condamnations dans le monde.
«Les Etats-Unis sont profondément attristés par les morts et les blessures subies aujourd’hui à Gaza», a ainsi déclaré le président américain George W. Bush dans un communiqué, appelant les « parties à agir avec précaution et retenue afin d’éviter de nuire aux civils innocents».
«Nous avons vu les excuses du gouvernement israélien et nous avons été informés qu’une enquête avait été ouverte. Nous espérons qu’elle sera bouclée rapidement et que les mesures appropriées seront prises pour éviter la répétition de ces faits tragiques », a-t-il ajouté. La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a par ailleurs exprimé, dans un entretien téléphonique, sa «profonde tristesse» au président palestinien Mahmoud Abbas, qui avait qualifié la mort des 18 civils de "massacre terrible et atroce".
Mercredi, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, s’est dit «bouleversé et très préoccupé» alors que l’Union européenne, Londres, Paris, Rome, Madrid, Moscou, ou encore Ottawa ont protesté contre la brutalité de l’attaque. Israël a invoqué une erreur de tir.

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