Ben Laden, un ennemi fantôme

Dernière déclaration en date, celle du 19 mars dernier : le demi-frère de Ben Laden, Cheikh Ahmad, déclare alors sur CNN que son parent va bien et qu’il n’est pas malade. Mieux, il ajoute lors de cette étonnante interview à la chaîne américaine, que son demi-frère n’est pas derrière les attentats suicides du 11 septembre. «C’est mon frère. Je le connais. J’ai vécu avec lui pendant des années. Je sais à quel point il craint Dieu», précise Cheikh Ahmad.
Selon lui, leur mère (Cheikh Ahmad est issu d’un second mariage de la mère, d’origine syrienne, de Ben Laden) aurait appris lors d’un appel téléphonique que son fils allait bien. Cheikh Ahmad précise aussi qu’il a rendu plusieurs visites familiales à son demi-frère, au Soudan, et même en janvier 2001 en Afghanistan.
Des confidences qui suscitent les foudres du clan Ben Laden qui le fait savoir, cette fois-ci dans les colonnes du quotidien saoudien Al-Watan de mercredi. L’un des frères du terroriste présumé affirme alors que sa famille n’a aucun contact avec ce demi-frère et son clan Al-Attas. Il ajoute que Ben Laden n’a plus donné signe de vie depuis la guerre d’Afghanistan. «Depuis 1993, il a cessé tout contact avec sa famille », précise le frère «anonyme».
Si les frères du chef d’Al-Qaïda n’arrivent pas à accorder leurs violons, les confidences de l’une des épouses du terroriste peuvent paraître beaucoup plus crédibles. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Al Madjallah (publié à Londres) le 15 mars, «A.S» déclare que, quelques jours avant le 11 septembre, son mari était irascible, solitaire et mal en point… Identifiée seulement par ses initiales, la femme de Ben Laden confirme que Ben Laden souffre des reins et de l’estomac… Mais aussi qu’il aime chasser, raffole de pain, de yaourt, de miel et de dattes ! « Au cours de la dernière période, il semblait las et fatigué et restait éveillé si longtemps qu’il devait prendre des somnifères et des médicaments chaque jour», précise l’une des quatre épouses du milliardaire. «La dernière fois que je l’ai vu, il m’a dit qu’il devait changer d’endroit et que nous n’entendrions plus parler de lui avant un long moment», poursuit-elle. «Je l’ai entendu dire plus d’une fois que l’Amérique était son ennemie numéro un et qu’elle le pourchasserait pour tenter de le tuer. Il parlait de la domination américaine et de sa coopération avec Israël. Il disait que l’Amérique avait humilié les Arabes », se souvient «A.S», avant d’ajouter : «Il disait que s’il lui fallait quitter l’Afghanistan, se serait pour rejoindre Dieu». Considéré comme mort selon le ministre français de la Défense Alain Richard, «aux abois» pour le président Bush, dans les grottes afghanes ou réfugié au Pakistan, Oussama Ben Laden reste en tout cas une énigme. La traque et les supputations dont il fait l’objet font aussi rire certains. Et même les tribus pachtounes du fin fond de l’Afghanistan. «Ben Laden? Réfugié dans nos montagnes ? Avec 25 millions de dollars de prime sur sa tête ? Nous sommes des tribaux barbares, peut-être, pas des idiots»…

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