Berlusconi à la Maison-Blanche

Cette visite à Washington de M. Berlusconi, la première depuis la réélection en novembre de son « ami » George W. Bush, intervient au lendemain d’une rencontre à Londres avec le Premier ministre britannique Tony Blair. Le sommet européen de Bruxelles de jeudi et vendredi doit notamment trancher la question de l’ouverture de négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Les Américains sont favorables à l’entrée de la Turquie dans l’UE alors que ce sujet divise les Européens. La Grande-Bretagne et l’Italie, deux des plus sûrs alliés de Washington en Europe, sont en faveur de l’adhésion d’Ankara à l’UE tandis que d’autres pays dont la France émettent des réserves.
M. Berlusconi compte également plaider à Washington contre la politique du dollar faible qui pénalise fortement les entreprises européennes. « Le dollar ne peut pas être trop affaibli par rapport à l’euro, parce que cela risque également de nuire aux rapports économiques entre les deux parties », a estimé récemment M. Berlusconi à Rome. M. Berlusconi devrait également évoquer la situation en Irak où Rome a déployé un contingent de quelque 3.000 hommes. La perspective des élections de janvier devrait être abordée. La réforme de l’Onu figurera aussi au menu des discussions.
L’Italie, craignant d’être reléguée dans un rôle de second plan en Europe, est opposée à l’attribution d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’Onu à l’Allemagne, plaidant pour qu’un tel siège aille à l’Union européenne. Parmi les sujets qui devraient satisfaire le président américain, la question du protocole de Kyoto pourrait également figurer au menu des entretiens entre MM. Bush et Berlusconi.
L’Italie envisage la mort du protocole de Kyoto à son échéance en 2012 et préconise des accords bilatéraux sur les émissions polluantes pour combattre l’effet de serre, a annoncé son ministre de l’Environnement Altero Matteoli, cité mercredi par les médias italiens. Il se place ainsi sur la même ligne que Washington au grand dam des mouvements de défense de l’environnement. La visite de M. Berlusconi à Washington coïncide avec celle du chef de la diplomatie française Michel Barnier qui souhaite sonder les possibilités de « rénover » et « consolider » la relation franco-américaine, après la réélection de M. Bush.

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