Bill Clinton négocie la libération de deux journalistes américaines

L’ancien président américain Bill Clinton est arrivé en Corée du Nord afin de négocier la libération de deux journalistes américaines condamnées pour  crimes graves», rapportent les médias régionaux. Il a été accueilli à son arrivée par le vice-ministre des Affaires étrangères et chef des négociateurs sur le nucléaire, Kim Kye-gwan, a précisé l’agence officielle KCNA. «Dès qu’il arrivera, il entamera les négociations avec le Nord pour la libération des deux femmes journalistes», avait dit auparavant une source au fait du dossier citée par l’agence sud-coréenne Yonhap.
Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères s’est refusé à tout commentaire et a renvoyé la presse vers Washington ou Pyongyang pour toute question.
La Maison-Blanche n’a pas souhaité s’exprimer. Les deux journalistes américaines ont été condamnées en juin à douze ans de travaux forcés pour avoir pénétré illégalement sur le sol nord-coréen et pour calomnie. Euna Lee et Laura Ling avaient été arrêtées en mars à la frontière entre la Corée du Nord et la Chine, alors qu’elles effectuaient un reportage pour Current TV, media cofondé par l’ancien vice-président de Bill Clinton, Al Gore. Lors d’une conversation téléphonique avec sa sœur, Laura Ling a reconnu que les deux femmes avaient enfreint la loi nord-coréenne. Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine et épouse de Bill, a exhorté Pyongyang à leur accorder l’amnistie.
Des responsables américains redoutent qu’elles ne soient utilisées par la Corée du Nord comme un contrepoids pour résister aux pressions internationales visant son programme nucléaire. Le régime communiste reclus a déjà été sanctionné à plusieurs reprises par le Conseil de sécurité de l’Onu et a quitté les négociations à six en avril dernier, après la condamnation unanime du second essai nucléaire de son histoire. Ces dernières semaines, Pyongyang a néanmoins fait quelques gestes d’ouverture à destination des Etats-Unis, avec lesquels il souhaiterait avoir des négociations directes. Lorsqu’il était à la Maison-Blanche, Bill Clinton avait engagé un réchauffement des relations entre les deux pays. Sa secrétaire d’Etat Madeleine Albright s’était rendue à Pyongyang en 2000 et avait rencontré le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il. Mais ces progrès n’ont pas survécu à l’élection de George Bush, qui avait fait de la Corée du Nord un membre de son «Axe du Mal» aux côtés de l’Iran et de l’Irak.

Par Jack Kim
(Reuters)

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