Bourbier irakien pour Bush

Bourbier irakien pour Bush

Les vingt-cinq membres du Conseil du gouvernement transitoire irakien ont tenu leur première réunion, dans un climat de tension et sur fond d’actes de résistance en aggravation constante. Une résistance qui se structure de jour en jour et qui entraîne la débâcle du président américain, George W. Bush. Premier pouvoir exécutif depuis la chute de Saddam Hussein, le Conseil a tenu son premier meeting au sein de ce qui était le ministère de l’Industrie militaire, centre stratégique pour la production d’armes, jusqu’à l’arrivée des inspecteurs en désarmement de l’ONU après la guerre du Golfe en 1991. Situé à proximité du palais de la République qui abrite le quartier général de la coalition américano-britannique, cet édifice sera désormais le siège du Conseil de gouvernement. Un Conseil qui, visiblement, aura dans l’immédiat un réel pouvoir politique. Il aura la charge de nommer les ministres intérimaires et de travailler avec la coalition pour l’établissement d’une stratégie politique et d’un budget, si l’on en croit les dires de Paul Bremer, administrateur en chef américain en Irak. Ce Conseil, qui comprendra les principales personnalités politiques irakiennes, compte 14 Chiites, 5 Kurdes, 4 Sunnites arabes, une Turcoman, un Chrétien, une répartition qui se veut le reflet des composantes de la population irakienne. Faut-il rappeler qu’au départ, Bremer entendait mettre sur pied un « Conseil politique » dont le rôle, somme toute insignifiant, devait se limiter à le conseiller pendant qu’il déciderait de la chose irakienne. Cependant, en raison des vives protestations des hommes politiques irakiens et, notamment, d’une résistance à l’occupant qui se fait de plus en plus farouche, l’administrateur en chef américain a dû se rendre à l’évidence et mettre de l’eau dans son vin. Bremer s’est en effet activé afin de donner l’impression que les Irakiens avaient leur destin en main, alors qu’en réalité, le nom de chaque membre du Conseil a été passé au crible fin. Parallèlement à la résistance qui est devenue quotidienne, mieux structurée et plus efficace, rapportant chaque jour son lot de victimes côté américain, George W. Bush se trouve aujourd’hui dans une position inconfortable face à ses détracteurs, à cause des dernières révélations qui viennent d’éclater. En effet, des responsables américains, cités par le Washington Post, avaient indiqué que la CIA est intervenue pour empêcher la Maison-Blanche de mentionner des informations accusant l’Irak de se procurer de l’uranium au Niger, dans un discours prononcé par Bush en octobre dernier. C’est George Tenet, directeur de la CIA, qui avait à l’époque déconseillé à la présidence de mentionner ces accusations, qui ne provenaient que d’une seule et unique source. L’on ne sait pour quelles obscures raisons Tenet n’a pas de nouveau tenté d’empêcher la Maison-Blanche d’évoquer ces accusations dans le discours sur l’état de l’Union, prononcé par Bush en janvier. Au bout du compte, le même Tenet finira par assumer la responsabilité de la présence de l’accusation erronée dans le discours présidentiel. Un George en cache un autre, est-on tenté de penser…

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