Brice Hortefeux fustige la gauche milliardaire

Brice Hortefeux fustige la gauche milliardaire

Que le ministre de l’Intérieur ait pu choisir le journal «Le Monde» pour y délivrer son inhabituelle attaque contre la «gauche milliardaire», les «bien-pensants» «politico-médiatiques» «parisiens», est déjà un grand symbole en soi. Depuis que l’Elysée avait bruyamment échoué à imposer sa propre solution industrielle au prestigieux journal du soir en prise à une dangereuse crise économique, «Le Monde» est considéré à tort ou à raison comme un terroir citadin de gauche, anti-Sarkosyte autant par passion que par conviction. Ce sont sans aucun doute ses préoccupations qui ont poussé Brice Hortefeux à choisir «Le Monde» plutôt que «Le parisien», populaire et anti-élite par posture ou «France Soir» démagogique et illisible par mauvaise qualité. Le message était certain d’avoir une amplification maximale. Passés ces cadrages de communication, reste que la démarche de Brice Hortefeux et le niveau où il a voulu placé les attaques contre l’opposition témoignent d’un tournant dans la polémique française qui se nourri du virage sécuritaire opéré par Nicolas Sarkozy depuis le discours de Grenoble. Plusieurs raisons expliquent la sortie de Brice Hortefeux sur la «gauche milliardaire», un lointain écho à la «gauche caviar» des années 90, qui ne ressentirait pas les effets néfastes de l’insécurité contrairement aux classes populaires au nom desquelles Brice Hortefeux dit agir. La première est d’ordre personnel. Depuis le début de cette effervescence sur l’insécurité, de nombreuses personnalités sont montées au créneau pour tenter de traduire la pensée présidentielle comme Nadine Morano, Eric Ciotti, le Monsieur sécurité de l’UMP qui propose d’incarcérer les parents de délinquants, ou Christian Estrosi, ministre de l’Industrie qui propose de sanctionner les maires défaillants. Cette surenchère avait le don de montrer le ministre de l’Intérieur en titre Brice Hortefeux comme quelqu’un en retrait pour ne pas dire dépassé par les événements. Les détracteurs du ministre ont déjà eu l’occasion de dire qu’il ne faisait pas l’affaire dans ce poste et qu’il fallait d’urgence lui trouver un remplaçant digne de la séquence sécuritaire dans laquelle les politiques se sont engouffrés. La chronique politique l’avait déjà enterré vivant et trouvait un successeur en la personne de Christian Estrosi, trop pressé d’endosser l’habit du premier flic de France. Trouver un angle d’attaque qui ferait parler et jaser était une manière de remettre Brice Hortefeux au centre du débat sécuritaire, la gauche se sentant obligée de lui apporter les réponses et les démentis nécessaires pour infirmer ses attaques. La seconde raison qui semble avoir poussé Brice Hortefeux à choisir d’attaquer l’opposition sur ses origines sociales maquillées est de viser à faire oublier l’ensemble des accusations qui pèsent sur la gouvernance Sarkozy sur une forte complicité et dépendance avec les puissances de l’argent et dont l’affaire Woerth-Bettencourt a été l’écume la plus visible. A gauche aussi, les milliardaires se paient un jeu politique d’une grande hypocrisie, d’une manifeste schizophrénie. Dans la ligne de mire, trois grands symboles de l’activisme socialiste, le milliardaire industriel Pierre Bergé, le milliardaire intellectuel Bernard Henri Levy, et le «milliardaire» politique Dominique Strauss-Kahn.

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