Bush dit non aux colonies juives

A l’ouverture du sommet consacré au règlement du conflit au Proche-Orient, le président américain a déclaré mardi qu’Israël devait démanteler les colonies juives implantées dans les territoires palestiniens. «Israël a des responsabilités. Israël doit agir concernant les colonies. Israël doit faire en sorte que les Palestiniens puissent avoir un territoire non morcelé qu’ils puissent appeler leur patrie», a estimé George W. Bush. Un message tant adressé au Premier ministre Ariel Sharon qu’aux dirigeants arabes réunis en sa présence dans la station balnéaire égyptienne de Charm Al-Cheikh. Ferme à l’égard du Premier ministre, le chef de la Maison blanche s’est en effet voulu rassurant envers les seconds. Rassurant sur la détermination qu’il affiche à vouloir réconcilier Palestiniens et Israéliens et à pousser Tel-Aviv à des concessions auxquelles il s’est jusque-là refusées. Le démantèlement des quelque 160 colonies sauvages en Cisjordanie et dans la Bande de Ghaza en fait partie, il figure même parmi les priorités de  la feuille de route.
Lundi, Ariel Sharon avait certes annoncé le démantèlement d’implantations juives, mais seulement celles créées depuis mars 2001, beaucoup moins importantes que celles établies dès 1967. Si ces «avant-postes» sont estimés à 50 par l’organisation «La Paix maintenant», le ministre adjoint de la Défense Zeev Boim a déjà averti que seuls dix d’entre eux étaient «illégaux» ! Minimes, ces concessions annoncées – «des manœuvres et des mensonges», selon le ministre palestinien Yasser Abed Rabbo – sont censées répondre aux efforts menés par le Premier ministre palestinien.
Toujours dans le cadre de la feuille de route, Mahmoud Abbas négocie depuis plusieurs jours avec les groupes armés, en particulier le Hamas, pour tenter de parvenir à un cessez-le-feu. Sa dernière rencontre avec Ariel Sharon s’est aussi soldée par la libération d’une centaine de détenus palestiniens, parmi lesquels Ahmed Jbarra, membre du Fatah arrêté en 1976, et Tayssir Khaled, du Comité exécutif de l’OLP. Par contre, l’armée israélienne continuait mardi encore d’occuper les territoires et d’y mener des incursions émaillées de violents incidents. C’est dans ce climat particulièrement tendu que le président américain, emmené par une solide délégation, est venu mardi chercher le soutien des dirigeants arabes. Des divergences entre les deux camps semblent pourtant être apparues avant même l’ouverture du sommet de Charm Al-Cheikh, reportée de plusieurs heures.
Selon Mena, les chefs d’Etat ont mené des consultations entre eux alors que leurs adjoints et leurs ministres des Affaires étrangères ont passé une partie de la matinée à débattre de la rédaction des communiqués… pour parvenir à une «formule acceptable». Toujours d’après l’agence officielle égyptienne, les désaccords portaient surtout sur la demande américaine de normalisation entre les pays arabes et Israël. Les cinq dirigeants réunis – l’Egyptien Hosni Moubarak, le prince héritier saoudien Abdallah, le Roi de Barhein, Hamad Ben Issa, celui de Jordanie, Abdallah II et enfin le Premier ministre palestinien – ne s’y seraient dits favorables que dans le cadre d’un «règlement global». Les alliés arabes de Washington devaient par contre s’engager à soutenir la feuille de route, dans laquelle M. Bush a promis de s’investir. «Je suis le genre de personne qui, quand elle dit quelque chose, le pense. Je crois pense que le monde doit voir la naissance d’un Etat palestinien libre et en paix. Et mon gouvernement oeuvrera donc avec toutes les parties concernées pour parvenir à cette vision. Je que le moment est maintenant arrivé de la concrétiser» a-t-il affirmé mardi. S’adressant à Abou Mazen, le président américain a déclaré : «Vous avez, monsieur, une responsabilité et vous l’assumez. Je suis disposé à travailler avec vous, tout comme les autres dirigeants présents. Il ne faut pas que nous laissions une poignée de gens, une poignée de tueurs, anéantir les rêves et espoirs du plus grand nombre». Malgré les divergences apparues, George W. Bush devait donc relever le défi qu’il s’était lancé en venant en Egypte : donner un nouveau souffle aux négociations et impliquer les dirigeants de la région. Une stratégie dont la portée devait être évaluée aujourd’hui lors du sommet d’Aqaba en Cisjordanie. Le Premier ministre israélien devait y évoquer la création d’un Etat palestinien en référence «à la vision du président Bush», et la fin du «règne» – et non de «l’occupation» ! – d’Israël sur les territoires. Il devait aussi insister sur l’arrêt des attaques anti-israéliennes. Le bureau du Premier ministre palestinien, Mahmoud Abbas, a pour sa part indiqué que celui-ci réaffirmerait le soutien sans réserve des Palestiniens à la « feuille de route », et  leur engagement à faire régner «l’ordre et la loi».

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