Bush en Europe : Mission accomplie

Ce mardi, tous les regards étaient tournés vers l’Italie où se tenait le sommet final entre les 19 pays membres de l’OTAN et la Russie parachevant le processus de rapprochement entre Moscou et l’Alliance Atlantique-nord.
Une réunion qui a aussi permis au président américain de finir en beauté une tournée européenne de six jours, marquée par des appels à l’union face au terrorisme et le renouveau des relations russo-américaines.
Mardi, sur la base italienne de Pratica di Mare, sous haute sécurité, tous les hauts dirigeants de l’OTAN ainsi que le président russe Vladimir Poutine ont donc ratifié la Déclaration de Rome portant sur la création d’un Conseil commun de coopération entre l’Alliance et son ancien ennemi, Moscou. « En prenant cette décision, vous avez formellement fait exister le Conseil OTAN-Russie où tous les membres réunis autour de cette table oeuvreront ensemble sur un pied d’égalité », a alors déclaré le secrétaire général de l’organisation, George Robertson. Ce nouveau geste vers la concertation contribue ainsi à une modification profonde des relations internationales et l’enterrement de la période de « Guerre froide » qui a séparé le monde en deux blocs durant quatre décennies.
Désormais les questions de sécurité, d’armement – en particulier l’arsenal dit « de destruction massive » – seront soumises aux grandes puissances, Russie incluse. Une coopération qui portera aussi, sans doute la question la plus urgente aux yeux de Washington, sur la lutte internationale contre le terrorisme.
Ce thème a d’ailleurs dominé le reste de la tournée de George W. Bush qui avait misé sur l’esprit fédérateur de l’Union européenne autour de cette question. Une stratégie qui lui a aussi permis d’éviter des sujets plus délicats tels que les mesures commerciales américaines, les décisions concernant l’environnement ou même l’attitude américaine vis à vis de la justice internationale (le rejet de la Cour pénale par exemple), et la question des prisonniers de Guantanamo (où l’Europe compte de nombreux ressortissants). Dès ses premiers jours sur le vieux continent, le président américain a cependant dû s’expliquer sur ses projets vis à-vis de l’Irak. En Allemagne, il a tenté de rassurer ses alliés en déclarant «n’avoir aucun plan sur son bureau».
Après un séjour à Moscou et «l’historique» signature du traité sur la réduction aux deux tiers des arsenaux nucléaires russo-américains (un démantèlement plus qu’une destruction des ogives), M. Bush était en France. Une escale qualifiée « d’entente cordiale », mais aussi voulue solennelle avec l’hommage rendu aux Américains morts « pour la liberté » en Normandie.
MM. Chirac et Bush ont même écarté les sujets gênants pour afficher une détermination commune à lutter contre le terrorisme. Si en France, comme dans le reste des pays visités par le chef de la Maison-blanche, les manifestations populaires contre la politique américaine ont été nombreuses, l’ambiance officielle était à l’union. Bien sûr, lors de ses différents entretiens, le président américain a évoqué les sujets brûlants comme le Proche-Orient, l’Irak, l’Afghanistan et le risque de conflit entre l’Inde et le Pakistan. Mais cette tournée était surtout placée sous le signe du rassemblement, une revue des troupes en quelque sorte. Et de ce point de vue, la mission de Bush est bel et bien une réussite.

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