Bush et Al-Maliki en Jordanie pour parler de l’Irak

Les violences entre Israël et les Palestiniens et la crainte d’une nouvelle déstabilisation du Liban seront également au centre des entretiens du président américain. George W. Bush rencontrera immédiatement après son arrivée prévue en début de soirée, le roi Abdallah II de Jordanie, avant que le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki ne se joigne très brièvement à la réunion, selon un haut responsable jordanien.
Jeudi, le président américain retrouvera le Premier ministre irakien pour un petit-déjeuner de travail avant une conférence de presse conjointe.
Vingt-quatre heures avant cette rencontre, la Maison-Blanche a dû réaffirmer son soutien à M. Maliki: «Nous restons déterminés à aider le gouvernement Maliki à atteindre ses buts politiques, économiques, diplomatiques et sécuritaires», a dit son porte-parole Tony Snow.
Il réagissait à un article du New York Times faisant état d’une note de service de l’un des principaux conseillers du président, Stephen Hadley, remettant sérieusement en question la capacité du Premier ministre irakien à rétablir la stabilité. «(…) la réalité dans les rues de Bagdad suggère soit que Maliki ignore ce qui se passe, soit qu’il ne décrit pas convenablement ses intentions, soit que ses facultés ne suffisent pas à traduire en actes ses bonnes intentions», selon le document cité par le quotidien.
Afin de préparer les entretiens d’Amman, le roi Abdallah II a multiplié les contacts avec des responsables irakiens sunnite et chiite, alors que l’hypothèse d’une vraie guerre civile est désormais évoquée de plus en plus ouvertement.
Le président Bush a, lui, refusé mardi à Riga de parler de "guerre civile" en Irak et d’envisager un retrait des troupes américaines. «Plusieurs pays arabes, dont la Jordanie, craignent un retrait prématuré des troupes américaines, avant la mise en place de vraies institutions capables de gérer la politique et la sécurité du pays», a déclaré mercredi un haut responsable jordanien. Dans les territoires palestiniens et au Liban, le danger de guerre civile est jugé par Amman encore plus imminent qu’en Irak. «En raison de la politique expansionniste et d’ingérence de l’Iran, si nous devions énoncer en ordre de priorité les risques de guerres civiles, je dirai les Territoires palestiniens, puis le Liban et après l’Irak», a indiqué le haut responsable.
Pour les pays de la région, il est plus "urgent" d’éviter une guerre civile dans les Territoires palestiniens, où l’Iran a une influence grandissante grâce à son alliance avec le mouvement islamiste Hamas, ce qui paralyse l’action du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. De même pour le Liban, où le soutien iranien au Hezbollah et l’alliance avec Damas, paralysent l’action du gouvernement pro-occidental dirigé par l’antisyrien Fouad Siniora. «Les Etats-Unis peuvent agir rapidement en usant de leur influence auprès d’Israël pour réactiver le processus de paix et établir la paix entre Palestiniens et Israéliens, sur la base de deux Etats, tout comme Washington doit soutenir le gouvernement libanais et aider au renforcement de l’armée libanaise», a indiqué le haut responsable jordanien. Confirmant que la diplomatie américaine tente de reprendre l’initiative dans la région, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice était, elle aussi, attendue mercredi en Jordanie. Elle participera ces jeudi et vendredi sur les bords de la Mer morte au 3ème Forum de l’avenir, réunion axée sur les réformes dans les pays arabes, et se rendra brièvement en Cisjordanie ce jeudi pour rencontrer à Jericho Mahmoud Abbas.

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